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l’on aurait ensuite beaucoup de peine à retirer d’un fond très-tenace 5 d’autantplus qu’cn certains cas , si le vent poussait vers la terre, les bàtimens 11e trou-veraient pas assez d’espace pour filer du câble et prendre plus de tenue.
Lorsqu’on discutait les avantages et les inconvéniens du canal, une des dif-ficultés principales était de savoir jusqu’à quel point une grande masse d’eau,comme celle du lac Ness , resserrée d’ailleurs entre de liantes montagnes , pou-vait être navigable avec sécurité. Les antagonistes du canal objectaient que lesvents, quelle que soit leur direction générale dans la contrée environnante,lorsqu’ils parcourent la longue et profonde vallée des lacs, changent leurdirection , pour suivre l’axe de cette vallée ; qu’ainsi les navires qui vont dansun sens, auront toujours le vent contraire , tandis que les navires qui vontdans l’autre sens , seront poussés vent-arrière. On regardait aussi commetrès-dangereux, pour un grand bâtiment, de louvoyer ou seulement denaviguer avec un vent transversal, dans nue espèce de chenal dont le fond est,vers la côte , parsemé de troncs d’arbres et de rochers 5 dans un chenal qui pré-sente , à peu de distance de ces dangers , une extrême profondeur ; tandis queles vallons collatéraux qui débouchent dans la vallée principale, amènent desrafiàles subites qui jèteront violemment les navires sur la côte opposée.
Ces objections avaient sans doute une grande force, mais elles étaient exa-gérées. Il n’était pas exact d'affirmer que , d'un bout à l’autre du lac Ness , onne'pût pas trouver un mouillage sur. Nous nous contentons de citer celuid’Urquhart, au tiers de la route du côté de l’est; il en est d’autres vers l’ouest.
Pour vérifier cette assertion, que les vents souillent toujours, sur le lac , dansla direction de sa longueur , on a fait, depuis 1804 jusqu’à ce jour, des obser-vations météorologiques aux deux extrémités et au centre du canal Calédonien,Elles ont prouvé que la direction des vents est aussi variable dans la vallée qu’ilparcourt, qu’en totile autre partie de la Haute-Ecosse.
Si, dans certains temps de l’année, les navires ne pouvaient ou n’osaientpas aller à la voile contre le vent, il leur serait facile de se faire remorquer pardes bateaux à vapeur. Pour concevoir tout l’avantage de ce moyen, suppo-sons qu’on ait un navire de même déplacement d’eau que le bateau à vapeur , etqui, pour la meme vitesse , éprouve la même résistance de la part du fluide.Dans cette hypothèse , la vitesse du bateau à vapeur étant, ainsi que la forcemotrice, représentée par l'unité, cette force appliquée aux deux bàtimens neproduira pas simplement une vitesse égale à un demi, ou. cinq dixièmes , maisune vitesse au moins .égale à sept dixièmes. Ainsi, par l’effet de la remorque,on n’aura pas même perdu trois dixièmes de la vitesse du bateau à vapeur *.
* Ceci était écrit en 1817. L’expérience justifie aujourd’hui mon opinion; la re-morque des navires s’effectue avec avantage sur les lacs traversés par le canal.