COTES ET PORTS. i 5 j
battue, pour empêcher les eaux de se perdre par l’effet de la filtration.
En deux endroits , la Ness passe auprès de collines escarpées par suite d’é-boulemens qu’ont produits les eaux de cette rivière. Au lieu de couper cescollines , pour ouvrir à grands frais le lit du canal, on a mieux aimé détour-ner la rivière même , en prenant son ancien lit pour former celui du canal.
Du côté du lac Ness , le canal est fermé par deux écluses éloignées d’environ800 mètres l’une de l’autre. Celle qui s’oppose immédiatement aux eaux dulac , et qui sert de régulatrice aux eaux du canal, est assise sur un très-mau-vais sol, et tout près de l’endroit où la Ness prend naissance ; ce qui rendit saconstruction très-difficile. Cette écluse rachète une chute de i miL ,<)8.
Le lac Ness , à sa partie orientale, où nous sommes arrivés, se resserre enforme de col de bouteille, au passage de Bona ; il présente un avant-bassin( le lac Doughfour ) long de i, 5 oo mètres , sur a 5 o à 3 oo de large. Ce bassin ,qui doit être considéré comme un port de relâche , quand des vents impétueuxet contraires ne permettront pas de traverser le lac Ness, est pour ce lac unpuisard où les eaux pluviales et celles qui proviennent de la fonte des neiges,déposent une grande partie des matières qu’elles charrient. Aussi le lac Dough-four est-il peu profond ; il a fallu le creuser d’environ trois mètres, suivantla direction du canal. C’est ce qu’on a fait avec un bateau dragueur *.
Pour acquérir les trois autres mètres de profondeur qui compléteront letirant d’eau du canal, on doit construire un barrage à l’entrée de la rivièreNess. Cette opération aura l’avantage d’exhausser le niveau du lac Douglifour,presqu’à l’égal de celui du lac Ness; elle rendra, par conséquent, très-mo-déré le courant par lequel les eaux du grand lac se déversent dans le petit,au passage de Bona ; ce courant est naturellement si rapide, qu’il seraità peu près impossible aux navires d’avancer contre sa direction.
Le lac Ness a 35 kilomètres de longueur. Dans une si grande étendue , salargeur ne varie guère que de 13 à 16 cents mètres ; sa profondeur'va jusqu’àajo mètres. Au-dessous de l’eau, les bords ont une pente très-rapide ; puisqu’àune très-petite distance du rivage , on trouve de 120 à i 5 o mètres d’eau. Ilfaut excepter toutefois, les haies d’Urquliart, Invermorisson, Clierry-Islandet l’extrémité occidentale du lac. Dans ces endroits mêmes, la profondeur dol’eau va de 22 à 48 mètres. E11 trouvant auprès du rivage, une telle profondeur,on a regardé comme nécessaire d’établir des bouées fixes de mouillage ; afinqu’on y puisse amarrer les navires, sans avoir à jeter des ancres que
* La machine de ce bateau , l’une des mieux exécutées que j’aie vues , est l’ouvrage deM. Hughes. En douze mois elle a tiré 90,000 tonneaux de gravier. Lorsqu’il s’est trouvé,dans le lac, des arbres et des rochers enfouis sous la vase ou le gravier, on a remplacéles godets du chapelet par des pics et des harpons ferrés.