COTES ET PORTS. i 59
Travaux du district central. Ils commencent vers le fort Augustus *, etvont du lac Ness au lac Oiclt. Lorsque j’ai visité ces travaux , on construisaitl’écluse d’entrée , auprès du fort. On trouvait le sol extrêmement désavanta-geux , uniquement formé de cailloux roulés, entremêlés de sable -, de sorteque, dans les excavations , l’eau liltrante s’élancait par une multitude de jets.Malgré ces difficultés, il fallait creuser jusqu’à 5 ma, ,2 au-dessous du niveaude la rivière très-voisine, par laquelle les eaux du lac Oicli tombent dansle lac Ness **.
Pour suffire aux épuisemens, on ne voulut pas excaver, dans toute sa lon-gueur, l’espace où l’on devait bâtir l’écluse d’entrée. On commença par rempla-cement de la porte busquée la plus voisine du lac Ness. Les cailloux du fondde T excavation furent couverts d’un lit de mousse , sur lequel on posa les assisesdes fondemens , en garnissant tous les joints inférieurs avec la même matière.L’effet des filtrations est d’entraîner de bas en haut cette mousse, à traversles joints 5 il s’opère de la sorte dans la maçonnerie, un calfatage naturel,qui s’oppose puissamment au passage de l’eau.
Près du fort Augustus, on a construit une chaîne de quatre écluses, dont cha-cune retient l’eau à 2 mit -,4 de hauteur. ( Voyez PI. XI.) A Callacliie, troiskilomètres plus loin , une cinquième écluse est bâtie sur un rocher qui n’ad’étendue que ce qu’il en fallait pour la fonder. Ce rocher est la seitle massede pierres agrégées qui se trouve en cette partie de la vallée.
Depuis le fort Augustus, jusqu’à l’entrée du lac Oich j le canal est creuséde main d’hommes, dans une longueur de 19 kilomètres. J’ai remarqué lesmoyens économiques dont on a fait usage pour opérer le déblai des terres ***.
* Ce fort n’avait d’autre objet que de tenir en respect les montagnards Ecossais , etremplissait bien sa destination. Comme il n’est plus nécessaire, on verra, quelque jour,ses solides casernes et ses magasins spacieux, recevoir une brillante manufacture, quifera travailler le superflu de la population, et répandra sur la contrée circonvoisine ,le bien-être au lieu de la terreur.
** On opérait les épuisemens avec trois machines à vapeur de Watt : la première dela force de 36 chevaux; et chacune des autres de la force de 20 chevaux. Ainsi l’actiontotale employée aux épuisemens équivalait à celle de 76 chevaux, travaillant jour et nuit.
Des pilots dont on fait usage pour fonder ces écluses, ceux qui portent les murslatéraux sont ronds , et garnis en bas avec un cône de fer coulé ; les autres, qui formentune rangée verticale au-dessous et en avant du radier, sont garnis d’un sabot pareille-ment en fer coulé , mais taillé en biseau quadrangulaire et plus large à sa base que n’estlongue son arête tranchante. Ces pilots ont été battus avec un mouton pesant quatre-vingt-dix kilogrammes et manœuvré par neuf hommes.
*'* A mesure qu’on approfondissait le canal, on donnait à ses bords le talus qu’ilsdoivent avoir. De distance en distance, sont établies côte à côte, deux ou trois files de-