T46 FORCE COMMERCIALE.
Nous allons présenter, sur ces travaux bienfaisans, quel-ques détails relatifs au sujet que nous traitons. Déjà nous avonsfait connaître ( vol. précédent, pp. 47 à 5 i), le système adoptépar le gouvernement britannique, pour ouvrir des routesdans la contrée que nous parcourons, en tirant du trésor na-tional, des secours égaux à la contribution volontaire des ha-bitans , pour ce grand objet d’utilité publique et locale. Grâcesà ce système, la Haute-Ecosse possède aujourd'hui 1, 44 7 ki~lomètres de routes commerciales , et 44^ kilomètres de routesmilitaires} ce qui fait en tout 1,902 kilomètres.
O11 conçoit que l’exécution d’un si vaste développement devoies publiques , à travers un pays très-montueux , entrecoupé
mis le crime, envoya ses satellites, avec l’ordre pur et simple d’aller chercher les têtes desprévenus. Us trouvèrent ces malheureux, réfugiés dans une caverne, les y décapitèrent,portèrent leurs têtes à la fontaine voisine de Glengarry, pour les y laver; et les ayantrendues présentables , les offrirent au seigneur qui les avait demandées.
Sur cette petite fontaine, au bord du lac Oicli, s’élève une pyramide quadrangulairedont raiguille tronquée porte sept tètes encore palpitantes des spasmes du supplice.Posées encercle sur le faîte de la pyramide, elles offrent de toutes parts leurs faces hi-deuses. Leurs cheveux hérissés sur leurs crânes, sont empoignés par une énorme main,qui tient un glaive d’où dégoutte du sang. Sur les quatre côtés de la pyramide, est écriteen français, en anglais, en latin, en gaëlic (idiome des montagnards), l’inscription quisert d’explication au monument des cannibales. Quand je le visitai, il faisait une tem-pête affreuse, et la pluie tombait par torrens; néanmoins je descendis de cheval, etcopiai littéralement cette inscription que je ti'aduis mot à mot :
En mémoire cle la grande et prompte vengeance qui dirigea, selon le cours rapide de lajusticeféodale, les ordres de lord Mac-Donell et Aross, pour atteindre les auteurs del’horrible assassinat de la famille Keppoch , une branche du puissant et illustre Clandont sa seigneurie était le chef ; ce monument est érigé par le colonel Mac-Donell G le tugarry, son successeur et représentant, l’an du seigneur, 1812*. Les têtes des sept meur-triers furent portées aux pieds du noble chef, dans le château de Glengarry ; après avoirété lavées dans cette fontaine : depuis cet événement, qui eut lieu dans les premièresannées du XVI e . siècle, elle a toujours été désignée sous le nom de Fontaine ues tètes.
Puisse ma faible voix faire connaître cet infâme monument, d’un bout à l’autre del’Europe; et puissent les peuples sentir quelle différence existe entre les sentences ar-bitraires, les promptes et glorieuses exterminations féodales, et les jugemens constitu-tionnels de nos libres jurys !
* C’est-à-dire, la douzième année du 19'. siècle.