i?6 FORCE COMMERCIALE.
A l’époque où j’ai visité l’Ecosse, en 1817 , nos ingénieursdes travaux maritimes et nos marins regardaient comme im-]>ossible d’obtenir des feux colorés qui conservassent leur teinte ,d’une manière distincte, à de grandes distances. Je mis doncun extrême soin dans l’observation des feux du pliare deBell-Rock. J’eus pour remplir cet objet toutes les facilitésdésirables. Retenu pendant huit jours sur la côte d’Arbroatb ,sans que les vents contraires me permissent d’aborder à Bell-Rock, j’ai, à plusieurs reprises , observé les feux du phare, lesoir, la nuit et le matin , par une obscurité complète et par unbeau clair de lune. Dans aucun cas, on ne pouvait confondreces deux espèces de lumière *.
Du méchanisme qui fait mouvoir les lampes fixées au châssis tournant. Ce châssis esten fer, aussi léger qu’il peut l’être sans cesser d’être solide. Il tourne sur un axe verticalplacé à son centre; au moyen d’un engrenage à roues d’angles, qu’on engage et désen-gage à volonté, parce qu’une de ces roues peut se déplacer en glissant le long de son axe.
Le châssis tournant, qui a quatre faces , fait en six minutes une révolution complète.Ainsi, de trois en trois minutes, une lumière blanelie et une rouge arrivent à tous lespoints de l'horizon. D’abord on préférait une vitesse plus grande ; mais les alternatives delumière blanche et rouge étaient trop fréquentes, et les lumières différentes, trop peude temps visibles à la^mer, pour que le navigateur eût le loisir de les bien apprécier.
Afin de renouveler l’air de la chambre, il y a des ventouses qui débouchent vertica-lement, des étages inférieurs dans celte chambre , contre les parois de la muraille.
Les tuyaux conducteurs de la fumée de chaque lampe , se x-endent tous dans un plusgrand tuyau qui sort par le sommet du châssis tournant, et porte cette fumée au-dessus dé l’espace que traversent les rayons de lumière réfléchie. Cette fumée se dispersesous la coupole qui couvre la chambre; et s’échappe enfin, par un tuyau vertical, aucentre de cette coupole. La fumée conduite et dispersée de la sorte sert, pendant l’hyver,à tenir la température de la chambre des feux assez élevée pour que l’huile des lampes11e se fige pas avant d’arriver aux mèches : objet que concourt à remplir le tuyau decheminée des étages inférieurs, en traversant la chambre des feux. Les encadremensdes glaces formant l’enceinte vitrée de cette chambre, ainsi que la coupole, sont encuivre : on a préféré ce métal, parce qu’il est moins oxidable que le fer.
* La lumière blanche brille le plus long-temps; son apparition dure près de dix se-condes. Sa clarté , d’abord faible, croît peu à peu ; resplendit, un moment, du plus viféclat; puis décroît avec la même régularité. On reste quelques instans sans aperce-voir aucune clarté. Ensuite la lumière rouge commence à poindre, elle s’accroît, brilled’un vif éolat, décroît, fait place à l’obscurité, que la lumière blanche dissipe de nou-