COTES ET PORTS. 43
Le hangar parallèle à ces magasins est en bois, mais sup-porté par des colonnes en fonte, ayant 3 mèl ,3 de hauteur. Lechapiteau de ces colonnes est en fer. La charpente est simple ,solide et d’une exécution parfaite ; toutes les pièces sont tail-lées à vive arête, et peintes avec des couleurs fines.
Le pavé du hangar est en larges dalles de granit, exceptévis-à-vis des grues * établies au bord du quai j là ces dallessont remplacées par des plaques de fer coulé. Quoiqu’ellesaient T’’ èt ,3 en quarré, je n’en ai pas trouvé une seule qui fûtcassée j tandis que plusieurs dalles en pierre avaient éprouvécet accident. Un tel fait montre quelle est la force du fer,lorsqu’il sert à paver une aire sur laquelle doivent rouler deschariots chargés.
Les petits chariots qu’on emploie pour transporter les bar-riques qui contiennent les produits coloniaux, sont d’unestructure simple ** et d’une manœuvre commode. Sur un deces chariots deux hommes traînent de huit cents à mille ki-logrammes. On mène les tonnes depuis les grues qui serventà décharger les navires, jusqu’au pied des grands magasins ,
de distance du grand chariot placé au bas des portes-fenêtres ; le voiturier tire cette tonne,pour la mettre à l’aplomb de la place qu’elle doit prendre dans son chariot; on lâche denouveau doucement la corde du frein, et la barrique vient se caser dans la voiture.
* Parmi les grues que nous indiquons ici, les plus modernes sont d’une sim-plicité remarquable. Elles ont un tambour, sur le milieu duquel s’enroule la chaînede la grue ; une extrémité de ce tambour porte une grande roue dentée que faitmouvoir un pignon porté par l’axe de la manivelle. L’autre extrémité porte une roueplane contre laquelle le frein s’appuie. Ce frein est un court arc de cercle en bois, dontle bout libre est prolongé par un premier levici'. Le bout du premier levier est joint aupetit bras du second, par une pièce horizontale qu’on peut raccourcir au moyen d’unevis de rappel, quand le frein vient à s’user. Lorsqu’on veut arrêter la grue, on pèsesur le grand bras de ce second levier. Un troisième est engagé dans une mortaise, surla plate-forme de la grue, pour faire tourner cette machine sur son axe vertical.
** Ils ont quatre petites roulettes en fer, avec deux essieux qui portent deux flasquesséparés et tenus à leur distance par des boulons; le dessus de chaque flasque présente,de chaque bout, deux pointes en fer qui pénètrent un peu dans le bois de la barrique ,et qui l’empêchent de rouler par l’elfet des secousses.