COTES ET PORTS. 3 l
J’ai cru nécessaire d’entrer dans ce long détail, pour détruire un préjugéque quelques ingénieurs ont peut-être reçu de confiance -, et qui semble régnerencore généralement en France , puisqu’on y fait un usage exclusif des van-taux plans , dans la construction des écluses , grandes ou petites.
Les vannes des écluses sont quarrées et accouplées au bas de chaque vantail ;elles sont tenues chacune par deux fortes tiges de fer , dirigées verticalementet dont la partie supérieure est réunie par une traverse en fer, le milieu delaquelle est creusé en forme d’écrou. Une vis de fer verticale traverse cetécrou. Elle a sa tête engagée dans un trou rond, au milieu d’un support soli-dement fixé contre le bord supérieur du vantail. La tête de la vis , ronde dansce trou, offre immédiatement au-dessus, un renfort qui l’empêclie de des-cendre ; puis un tenon quarré s’emboîtant avec précision dans une mortaiseque'présente le bout d’une clef faite en T. En tournant cette clef de droiteà gauche, on élève la vanne à tel degré qu’on le désire ; on baisse celte vanne,par un mouvement opposé. ( Voyez PI. IX , fig. x et 2. )
Pour manœuvrer chaque vantail, deux chaînes partent à peu près du cen-tre des efforts supportés par ce ventail, lorsqu’il est pressé par la plus grandehauicur d’eau qu’il ait à retenir. Une des chaînes est placée pour tirer enamont, l’autre pour tirer en aval. Chacune d’elles entre dans le revêtement ,par une ouverture circulaire, en s’appuyant sur un rouleau horizontal de fercoulé. Elle arrive au fond d’un puits vertical où elle s’enroule sur le tant-bour d’un cabestan. L’essieu de ce cabestan s’élève jusqu’au-dessus du quai ;son extrémité supérieure porte un chapeau qui souvent est en fer coulé.
Pour empêcher les vantaux de se fatiguer , il y a sur leur face convexe ,et devant chaque poteau busqué, une tige de fer aussi longue que ce poteau,et portant une cliappe à son extrémité inférieure. Dans cette chappe est uneroulette fixée sur un axe horizontal. Cette roulette repose sur un arc de ferincrusté dans le radier , et ayant son centre dans l’axe de rotation du vantail.Ainsi, lorsqu’on ouvre ou qu’on ferme les vantaux , l’extrémité battante duvantail est toujours soutenue.
Au bout d’un certain temps, la charpente des vantaux a-t-elle éprouvéquelque déformation ; commcnce-t-ellc à prendre une figure oblique ? On re-lève les poteaux busqués , en faisant tourner la barre de fer qui pousse lachappe où est le rouet support de ces poteaux. Cette barre de fer étant faiteen vis, dans une petite partie de sa longueur, où elle est engagée par unécrou fixe , peut être tournée ou détournée , et faire monter ou descendre lachappe dans la tête de laquelle elle tourne librement.
Murs concaves. On peut par leur moyen, i°. économiser les matériaux;2 0 . obtenir plus de solidité.