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donc pressés les uns contre les autres, et deux lieues de lon-gueur sur quatre à cinq cents mètres de largeur, ne pouvaientsuffire à leur affluence. Au milieu de cette immense quantitéde Lâtimens, il était impossible d’empêcher de grands retardsde manœuvre, et de fréquentes avaries. Il était égalementimpossible de maintenir un ordre parfait, dans aucun genre;de prévenir la fraude exercée contre l’intérêt du fisc ; et mêmele vol des propriétés particulières , à bord des navires. On peutvoir dans un ouvrage intéressant publié par Golquhoun,sur la police de la Tamise, à quel excès inconcevable étaientparvenues l’astuce et l’audace des déprédateurs qui spoliaientles vaisseaux du commerce. Ils avaient une organisation mé-thodique et savante, divisée par Armes et par professions ré-gulières. La piraterie legèi'e ( Ligïit-horsemen ) était chargéedes expéditions nocturnes ; la piraterie pesante ( Ileavy-horse -meii) était chargée des expéditions de jour. 11 y avait des bri-gades de voleurs, tonneliers , serruriers , enfonceurs , empor-leurs, bateliers-transporteurs, magasiniers-receleui’s, etc. Cha-que soir, des détacliemens de ces corps étaient commandéspour les coups de main projetés sur tel navire, à telle heureprécise; et la spoliation s’exécutait avec l’ensemble, le silence,la promptitude et l’intrépidité d’une entreprise militaire.
L’exemple que, depuis près d’un siècle , avait donné le portde Liverpool, indiquait pour la métropole, le véritable remèdeà ces délits qui retardaient la prospérité du commerce, et quiviciaient dans leur source les mœurs d’une classe nombreuse decitoyens. Londres résolut d’avoir des bassins assez grands pourcontenir les navires chargés des produits les plus précieux ,ce qui présentait le double avantage de mettre ceux-ci à l’abrides déprédations, et de rendre pour les autres, plus aisée etplus efficace, la surveillance d’une police maritime instituée,depuis lors, dans le dessein d’arrêter un tel brigandage.
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