t-on vu successivcment employer, pour combat Ire sesadversaires, les principes, les faits, les calculs les plusopposes ; jetant, pour ainsi dire, sur chaque objectiontout ce qui sc trouvait sous sa main; sauf a jeter unmoment apres,. sur des objections differentes , descalculs, des faits et des principes contraires.
Quand j’ai pris une resolution, disait le Cardinal deRichelieu au marquis de la Vieuville, je vais ä monbul,je renverse tout, je fauche tout, etjecouvre tout detna soutane rouge. La faux de notre temps ne paraitpas, a la verite, aussi redoutable que celle du Cardinal.Celui-ci fauchait sans pitie, desgrands, des princes,des etats meine ; au lieu qu’on se borne aujourd’huiä faucher avec moins d’eclat, mais, toutefois, augrand dommage de la couronne et des peuples, desraisons , des faits , des chiffres , des interets definance,ou de politique.
On raconte qu’au mois d’avril 1824 il fut donnelccture a une excellence d’un rapport qui devait etrepresente al’une de nos deuxchambres; leministre, apresl’avoir entendu , proposa d'y ajouter quelques consi-derations nouvelles...« Monseigneur, 1 ui dit le rappor-»teur, avec beaucoup d’embarras, me permettez-vous» de m’expliquer franchement— ces raisons ne me pa-»raissent pastrop bonnes...—Pastrop bonnes , repon-»dit le ministre , pas trop bonnes ! Eh ! croyez-vous»les vötres excellentes? Mon ami, les bonnes raisons»sont fort rares dans ce monde ; et pour parier a des»assemblees , n’allez pas vous fatiguer l’esprit ä cher-»eher de bonnes raisons... Beaucoup de raisons, beau-»coup de raisons; voila ce qu’il nous faut. »
En lisant les discours prononces ä la chambre des