Druckschrift 
1 (1806)
Entstehung
Seite
115
Einzelbild herunterladen
 

DISCOURS PRÉLIMINAIRE. n5

Pour les détails de l’observation , voyez pages 3et 289.

Les angles de position étant d’une toute autre im-portance , nous y avons mis tous les soins, tout lescrupule et tout le temps que les circonstances ont per-mis. Dans les premiers temps, où nous avions les moyensde voyager avec plus de commodité, nous portions nosdeux cercles à toutes les stations 5 nos adjoints obser-voient les angles en même temps que nous, ou à leurtour, selon les circonstances ; mais, quand le discréditdu papier-monnoie et les retards que nous éprouvionscontinuellement dans les paiemens nous eurent forcésà réduire toutes nos dépenses, lorsqu’enfin nous avionstout au plus de quoi payer une seule cliarette atteléed’un cheval, pour nous conduire aux différentes sta-tions , nous et tout ce dont nous avions un besoin indis-pensable (1) j quand cet état de détresse eut rebutémes adjoints, à la réserve de Bellet qui m’a constam-ment accompagné par-tout, je me réduisis au cercle

(1) C’est ainsi que nous avons fait toutes les stations depuis Orléans jusqu’àRodez. Outre l’incommodité de cette manière de voyager, il nous est arrivéplusieurs fois, comme à Philopœmen, de payer l’intérêt de notre mauvaisemine. Ceux qui avoient de nous la meilleure idée nous prenoient pour desprisonniers de guerre qu’on transportoit d’un hôpital dans un autre. Notre ac-coutrement justifioit assez cette idée. D’autres, en voyant les boîtes de noscercles , nous prenoient pour des charlatans de village qui n’auroient pas dequoi payer, et ils refusoient de nous loger. C’est ce qui nous est arrivé àVouzon. A Soesme on nous refusoit aussi le gîte; mais c’est parce qu’onnous connoissoit, et cpie nous n’avions que des assignats. Sans la munici-palité, qui promit de rendre du bled en nature à ceux qui nous auroient