DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 85
pluie dans lesquels il nous fut impossible de rien faire.En travaillant depuis neuf heures du matin jusqu’aucoucher du soleil, nous n’avons jamais pu parvenir àmesurer plus de 36o mètres en un jour, c’est-à-dire àplacer plus de quatre-vingt-dix règles au bout l’une del’autre.
Cette mesure fut achevée le i5 ; prairial. Mon desseinétoit d’abord de la recommencer aussitôt en sens con-traire ; mais, en calculant ce qui me faudrolt de tempspour cette seconde opération, je vis qu’il faudroit re-mettre à l’année suivante la mesure de la base de Per-pignan , et je pensai qu’il valoit mieux avoir deux basesà 66 inyriainètres (environ 160 lieues) de distance, quedeux mesures de la base de Melun, d’autant plus que laproximité nous met à portée de vérilîer celle-ci quandon voudra. D’ailleurs je n’étois pas sans espérance quenous pourrions revenir assez tut, Méchain et moi, pouren exécuter conjointement la seconde mesure pendantl’automne , et l’achever en présence des savans étran-gers qui seroient les premiers au rendez-vous indiquépour le i5 vendémiare an y.
On a vu que le premier projet avoit été d’inviter laSociété royale de Londres à concourir avec l’Académiedes sciences à la fixation de l’unité fondamentale $ maisl’unité projetée étoit alors la longueur du pendule. Lamesure de la méridienne étoit une entreprise bien plusconsidérable, et d’une trop longue durée, pour qu’onpût se flatter de la voir terminer par les commissairesréunis des deux nations, lorsque tant de causes probables