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Clémence et justice
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II

le sujet qui puisse refuser à sa patrie, à sonRoi, le sacrifice de ses prétentions, de sesressentimcns, de ses souffrances ? Tous nedoivent-ils pas acquitter alors la parole duRoi, la parole d’oubli ?

Sans doute les souffrances furent extrê-mes ; nul droit, nul parti, nul individu n’ontété à l’abri du malheur; il a pénétré par-toutavec la corruption des teins. Cela ne pouvaitguère être autrement , parce qu’une révolu-tion , en aggravant tous les vices, engendre etmultiplie à l’infini tous les crimes. 11 ne fautpas néanmoins juger de ces délits , quelquegraves qu’ils puissent être, comme on en juge-rait dans des tems ordinaires ; car les crimespolitiques sont d’une autre nature, ils ont unautre caractère que les crimes qui n’affectentque l’ordre civil, l’ordre régulier. Il y a, ditPlutarque , dans les tems de troubles et de ré-volutions , certaines maladies d’esprit qui dé-placent les hommes de leur assiette naturelle.M. Burke, ce noble défenseur de l’autoritélégitime , ne craint pas de dire : « C’est l’opi-» nion qui fait le crime de haute-trahison dans» les tems de troubles, parce que rien ne peut» être aussi facilement égaré ou corrompu» dans de pareils tems ; on punit alors ce que