DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.
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leur faire rendre justice, en vertu du bien que son ordre avait fait au leur.I! vint donc à Aleantara; mais il trouva les portes de la ville fermées; legrand maître d’Alcantara lui demanda de quel droit il venait se mêler d’af-faii ‘es qui ne le regardaient pas, et lui dit que si quelques membres del’ordre d’Alcantara avaient des plaintes à faire cont re leur supérieur, c’étaitau pape ou au chapitre général de Cîlcaux qu’ils devaient les porter, au lieude s’adresser à une autorité étrangère. Depuis quand l’ordre d’Alcantaradevait-il être soumis à celui de Calatrava?
Le grand maître de Calatrava, peu touché de ces raisons, attaqua lechâteau, s’en rendit maître avec le secours de ceux qui l’avaient appelé,cl cet assaut coûta la vie à bon nombre de chevaliers des deux ordres.
Mais dans un chapitre général de l’ordre de Cîteaux, qui se tint exprès,les plaintes des chevaliers et des chapelains d’Alcantara ayant été prisesen considération, le grand maître de cet ordre fut chassé, ainsi que lesgrands dignitaires qui avaient été accusés avec lui d’abus de pouvoirs. Onélut un nouveau grand maître, qui, par pitié pour celui qui venait d’êtredéposé, lui donna, pour le consoler, une connnanderie.
De nouveaux troubles s’élevèrent dans l’ordre, en 1555. On y vit jus-qu’à trois grands maîtres à la fois, nommés par autant de partis qui s’vétaient formés. Mais l’année suivante, le roi de Castille, Alphonse VII,intervint dans la querelle, et appuyant son intervention par les armes, ilfit cesser le schisme, et le grand maître Nunez fut reconnu par tous lespartis
Ce grand maître fit la guerre aux Mores, et remporta sur eux plusieursavantages. Mais s’étant ensuite brouillé avec le roi, il osa lui faire laguerre; et ayant été pris les armes à la main, il eut la tête tranchéeen 1558.
Le règne de Pierre le Cruel fut encore une époque malheureuse pourles chevaliers d’Alcantara. Ce méchant prince, ayant soulevé contre lui laplus grande partie de ses sujets, se vit en tête un rival qui lui disputaitsa couronne; c’était son frère naturel, le comte Henri de Transtamare.Celui-ci avait trouvé un auxiliaire, pour soutenir ses prétentions, dansle fameux Bertrand du Guesclin, qui lui avait amené une armée d’aven-turiers français. Pierre avait pour lui un secours composé d’Anglais. Il yeut deux batailles livrées. La première fut à son avantage; mais il perditla seconde, qui lui coûta la couronne et la vie.
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