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[3] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.

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leur faire rendre justice, en vertu du bien que son ordre avait fait au leur.I! vint donc à Aleantara; mais il trouva les portes de la ville fermées; legrand maître dAlcantara lui demanda de quel droit il venait se mêler daf-faiies qui ne le regardaient pas, et lui dit que si quelques membres delordre dAlcantara avaient des plaintes à faire cont re leur supérieur, cétaitau pape ou au chapitre général de Cîlcaux quils devaient les porter, au lieude sadresser à une autorité étrangère. Depuis quand lordre dAlcantaradevait-il être soumis à celui de Calatrava?

Le grand maître de Calatrava, peu touché de ces raisons, attaqua lechâteau, sen rendit maître avec le secours de ceux qui lavaient appelé,cl cet assaut coûta la vie à bon nombre de chevaliers des deux ordres.

Mais dans un chapitre général de lordre de Cîteaux, qui se tint exprès,les plaintes des chevaliers et des chapelains dAlcantara ayant été prisesen considération, le grand maître de cet ordre fut chassé, ainsi que lesgrands dignitaires qui avaient été accusés avec lui dabus de pouvoirs. Onélut un nouveau grand maître, qui, par pitié pour celui qui venait dêtredéposé, lui donna, pour le consoler, une connnanderie.

De nouveaux troubles sélevèrent dans lordre, en 1555. On y vit jus-quà trois grands maîtres à la fois, nommés par autant de partis qui svétaient formés. Mais lannée suivante, le roi de Castille, Alphonse VII,intervint dans la querelle, et appuyant son intervention par les armes, ilfit cesser le schisme, et le grand maître Nunez fut reconnu par tous lespartis

Ce grand maître fit la guerre aux Mores, et remporta sur eux plusieursavantages. Mais sétant ensuite brouillé avec le roi, il osa lui faire laguerre; et ayant été pris les armes à la main, il eut la tête tranchéeen 1558.

Le règne de Pierre le Cruel fut encore une époque malheureuse pourles chevaliers dAlcantara. Ce méchant prince, ayant soulevé contre lui laplus grande partie de ses sujets, se vit en tête un rival qui lui disputaitsa couronne; cétait son frère naturel, le comte Henri de Transtamare.Celui-ci avait trouvé un auxiliaire, pour soutenir ses prétentions, dansle fameux Bertrand du Guesclin, qui lui avait amené une armée daven-turiers français. Pierre avait pour lui un secours composé dAnglais. Il yeut deux batailles livrées. La première fut à son avantage; mais il perditla seconde, qui lui coûta la couronne et la vie.

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