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[3] (1845)
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HISTOIIÎE ET COSTUMES

de ce pays sunir avec eux contre leurs propres compatriotes; ce quiprouve que la politique a souvent plus dempire sur lesprit des rois queles intérêts de la religion quils professent., sans sembarrasser des mal-heurs que cette aberration de leur part fait pleuvoir sur leurs peuples.Quidquid délirant reges, pleclunlur Achivi (I).

Ce fut sous le troisième grand maître de cet ordre, Don Nugno Fer-nandez, que les chevaliers de Saint-Julien-du-Poirier prirent le nom dechevaliers dAlcantara. Yoici comment :

Le roi de Léon avait pris sur les Mores la ville dAlcantara, dans lEs-Iramadure, et lavait donnée aux chevaliers de Calalrava, pour quilseussent un établissement dans son royaume, comme ils en avaient un dansla Castille. Mais le grand maître de Calalrava nayant pas assez de mondepour se charger de défendre cette nouvelle conquête, demanda au roi lapermission de la céder à lordre de Saint-Julien-du-Poirier, qui était,comme celui de Calatrava, membre de lordre de Cîteaux, dans lespoirque ces deux nouveaux ordres, ayant la même vocation et dépendant desmêmes supérieurs, seraient toujours unis comme devaient lêtre desfrères.

Le grand maître de Saint-Julien-du-Poirier prit donc possession de laplace dAlcantara, et tout lordre en prit le nom, en abandonnant Saint-Julien-du-Poirier, qui avait été jusqualors leur résidence. Ce grand maîtreétait D. Didace Sanchez, et avait été élu en 1219.

Pendant plus dun siècle, fidèles à leur vocation, ces chevaliers firent unerude guerre aux infidèles et leur enlevèrent plusieurs places. Mais commeceux de' Calatrava, sétant mêlés aussi des querelles particulières des roischrétiens de la Péninsule, on vit les chevaliers dAlcantara faire la guerreaux chrétiens dEspagne, et la division se mit même parmi eux. Nousallons en faire le triste tableau.

En 1518, leur grand maître D. Ruis Velasquez, ayant maltraité leschevaliers et les chapelains de lordre, ceux-ci sen plaignirent au grandmaître de Calatrava, D. Garcia Lopcz de Padilla, qui se crut en droit de

(1) Benoît XII écrivant à Pierre 1Y, roi dAragon, on 1559, se plaint quil souffre que les Juifsaient des synagogues, et les Sarrasins des mosquées à côlé des églises. « Les Juifs, dit-il. y« Idasplièmenl Jésus Clirisl, et les Sarrasins y louent Mahomet. Si on porte le saint sacrementr aux malades, les infidèles sen moquent publiquement, et en rient aux éclats. »

Fleuri, T. XIII, p. 400.