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[3] (1845)
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HISTOIIîE ET COSTUMES

On dit môme que Pierre, fait prisonnier, périt de la main de sonfrère, dans une lutte furieuse qui eut lieu corps à corps entre ces deuxfrères ennemis. Cette guerre rappelait celle de Thèbes, entre Éthéocleet Polynicc, sauf lissue qui ne fut funeste quà lun des deux.

Le vainqueur fut reconnu roi de Castille et de Léon, malgré un faibleparti soutenu par le roi de Portugal, et dont était le grand maître dAl-cantara. Mais ceux de scs chevaliers qui sétaient battus pour le comte deTranstamare, le déposèrent et mirent en sa place D. Henri Dioz de laYoga, qui força le roi de Portugal à lever le siège quil avait déjà misdevant la ville de Valence dAlcantara, qui appartenait à lordre.

Dix ans après, le nouveau roi Henri II, nayant laissé pour successeurquun enfant en bas âge, de nouveaux troubles sélevèrent dans la Cas-tille. Le grand maître dAlcantara, Juan de Soto-Maïor, dabord fidèle à sonroi, passa ensuite du côté de ses ennemis, et fut déposé dans un chapitregénéral de lordre.

Un scandale plus grand arriva dans cet ordre militaire entre le trente-troisième grand maître D. Gomez de Cacerès, et le clavier D. Alphonsede Monroi. Ce dernier déclara la guerre à son chef, sempara de plusieurschâteaux, et même dAlcantara, livra, en 1470, un combat au grandmaître, qui y perdit la vie, et il se fit élire à sa place.

Ces troubles amenèrent enfin lextinction de la grande maîtrise dAl-cantara. Un neveu de Cacerès, voulant venger la mort de son oncle, trouvamoyen dattirer dans un château le grand maître de Monroi, lui fit mettreles fers aux pieds et aux mains, et fit tuer tous ceux qui lavaient ac-compagné. Monroi languit six mois en prison, se sauva, fut repris etreplongé de nouveau dans un cachot pendant huit mois, jusquà ce quele traître, Henri de Solis, qui lui avait tendu le piège, fut tué lui-mêmedans une bataille par un homme qui avait été au service du grand maîtrede Monroi.

Celui-ci, tiré des mains de son ennemi, fit la guerre, tantôt pour le roide Portugal, tantôt pour les rois c: ' ^ues Ferdinand et Isabelle. Maisenfin il se démit lui-même de sa dignité, et la transmit à Juan de Zuniga,qui avait été reconnu par une partie des chevaliers, pendant sa captivité.Zuniga, à son tour, résigna la grande maîtrise entre les mains du roiFerdinand, fit bâtir un couvent de cet ordre à Villanueva de la Serena,oii il se retira avec trois chevaliers et trois chapelains. Peu de temps