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[3] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

infantes cédèrent leurs droits à leur frère, qui leur donna un château pourrésidence, avec des revenus pour soutenir leur dignité, jusquà ce quellesse mariassent ou se fissent religieuses.

Une des grandes journées les chevaliers de Saint-Jacques-de-lÉpéeeurent leur part de gloire, est celle appelée par les uns Salada, pardautres Tarifa ou Bellamarin, en 1540. Deux rois du nom dAlphonse,lun Alphonse XI, de Castille, lautre Alphonse IV, de Portugal, y défirentune armée de 200,000 Mores, dont au moins 60,000 furent tués. Le bu-tin y fut si considérable, disent les historiens, que le prix de lor baissadun sixième. Le grand maître qui commandait les chevaliers de Saint-Jacques à cette affaire, était Alphonse Mendez de Gusman.

Cest ici que se terminent les beaux temps des chevaliers de Saint-Jacques. Delà au règne de Ferdinand et Isabelle, on ne voit plus dans cetordre que des schismes, par les nominations simultanées de grands maîtresfaites par des partis qui ne sentendent plus, ou imposées à lordre par desautorités supérieures. Un de ces grands maîtres, frère naturel de Pierrele Cruel, est massacré par les ordres et sous les yeux de ce méchant,prince (1). Un autre, du nom de Pacheco, et marquis de Yillena, se démitde sa dignité, et, de son chef, en investit son propre fils. Tous ces troublesdéconsidérèrent cet ordre, de manière quà la mort du grand maître, Al-phonse de Cardenas, en 1495, le pape Alexandre VI en donna ladminis-tration aux rois Ferdinand et Isabelle, et, sous le règne suivant, cest-à-dire sous Charles Y, Adrien YI réunit pour toujours la grande maîtrisedes trois ordres de Saint-Jacques, de Calatrava et dAlcantara à la cou-ronne dEspagne.

Lordre de Saint-Jacques avait aussi des possessions en Portugal, et leschevaliers de ce pays étaient dans la dépendance du couvent dUclès, enCastille. Mais le pape Jules II en avait déjà donné ladministration au roide Portugal, Jean III.

Cet ordre était plus riche, à lui seul, que les deux autres de Galatravaet dAlcantera. Il avait en tout quatre-vingt-quatre commanderies, donttrois grandes, savoir : celles de Castille, de Léon et dAragon. Le revenude ces quatre-vingt-quatre commanderies était évalué à 250,000 ducats.

(I) Pierre le Cruel, meurtrier de son frère naturel, devait un jour périr lui-même de lamain dun autre de ses frères naturels, comme nous le verrons bientôt. Ainsi il subit, danstoute sa rigueur, la loi du talion.