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HISTOIRE ET COSTUMES
infantes cédèrent leurs droits à leur frère, qui leur donna un château pourrésidence, avec des revenus pour soutenir leur dignité, jusqu’à ce qu’ellesse mariassent ou se fissent religieuses.
Une des grandes journées où les chevaliers de Saint-Jacques-de-l’Épéeeurent leur part de gloire, est celle appelée par les uns Salada, pard’autres Tarifa ou Bellamarin, en 1540. Deux rois du nom d’Alphonse,l’un Alphonse XI, de Castille, l’autre Alphonse IV, de Portugal, y défirentune armée de 200,000 Mores, dont au moins 60,000 furent tués. Le bu-tin y fut si considérable, disent les historiens, que le prix de l’or baissad’un sixième. Le grand maître qui commandait les chevaliers de Saint-Jacques à cette affaire, était Alphonse Mendez de Gusman.
C’est ici que se terminent les beaux temps des chevaliers de Saint-Jacques. Delà au règne de Ferdinand et Isabelle, on ne voit plus dans cetordre que des schismes, par les nominations simultanées de grands maîtresfaites par des partis qui ne s’entendent plus, ou imposées à l’ordre par desautorités supérieures. Un de ces grands maîtres, frère naturel de Pierrele Cruel, est massacré par les ordres et sous les yeux de ce méchant,prince (1). Un autre, du nom de Pacheco, et marquis de Yillena, se démitde sa dignité, et, de son chef, en investit son propre fils. Tous ces troublesdéconsidérèrent cet ordre, de manière qu’à la mort du grand maître, Al-phonse de Cardenas, en 1495, le pape Alexandre VI en donna l’adminis-tration aux rois Ferdinand et Isabelle, et, sous le règne suivant, c’est-à-dire sous Charles Y, Adrien YI réunit pour toujours la grande maîtrisedes trois ordres de Saint-Jacques, de Calatrava et d’Alcantara à la cou-ronne d’Espagne.
L’ordre de Saint-Jacques avait aussi des possessions en Portugal, et leschevaliers de ce pays étaient dans la dépendance du couvent d’Uclès, enCastille. Mais le pape Jules II en avait déjà donné l’administration au roide Portugal, Jean III.
Cet ordre était plus riche, à lui seul, que les deux autres de Galatravaet d’Alcantera. Il avait en tout quatre-vingt-quatre commanderies, donttrois grandes, savoir : celles de Castille, de Léon et d’Aragon. Le revenude ces quatre-vingt-quatre commanderies était évalué à 250,000 ducats.
(I) Pierre le Cruel, meurtrier de son frère naturel, devait un jour périr lui-même de lamain d’un autre de ses frères naturels, comme nous le verrons bientôt. Ainsi il subit, danstoute sa rigueur, la loi du talion.