DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.
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Elle avait un fils héritier présomptif du royaume de Léon. Elle eut lafantaisie de se démettre, en sa faveur, du royaume de Castille, qui luiappartenait, pour réunir sous une même couronne les deux royaumes deLéon et de Castille. Ce fds fut le fameux Ferdinand III, qui est mis aussiau rang des saints.
Il y a une singulière ressemblance dans l’histoire des deux sœurs, dontje viens de parler, Bérangère et Blanche de Castille. Toutes deux ont étémères d’un fds canonisé. Ces deux princes sont montés sur le trône, l’unà douze ans, l’autre à dix-huit, et tous deux ont passé leur vie àcombattre les infidèles. Ils sont morts à peu près au même âge, l’un àcinquante-trois ans, l’autre à cinquante-six, au moment où ils allaientcombattre les Sarrasins dans leur propre pays (I).
Nous venons de dire que saint Ferdinand n’avait que dix-huit ansquand sa mère se démit en sa faveur de la couronne de Castille, dont elleavait hérité par la mort de son frère Henri. Son père Alphonse, roi deLéon, prétendit avoir droit de prendre en main les affaires de la Castille,jusqu’à ce que son fils fût en âge de les diriger lui-même, et il y entra àla tête d’une armée, ce qui arma les chevaliers de Saint-Jacques castillanscontre ceux de Léon. Heureusement ce conflit ne fut pas long; Ferdinandlui-même s’accommoda avec son père, et joignit ses troupes aux siennespour l’aider à s’emparer, sur les Mores, de Merida et de Badajos.
A la mort de son père, arrivée en 1250, Ferdinand se vit obligé d’en-trer en armes dans le royaume de Léon. Alphonse, son père, roi de Léon,l’avait exclu de sa succession, et avait laissé ses États à ses deux filles,Sanche et Douce. Les chevaliers de Saint-Jacques du royaume de Léonsoutenaient les infantes, et se trouvaient encore une fois armés contreleurs frères du royaume de Castille. Mais cette affaire s’arrangea. Les deux
(1) Pour achever le parallèle que nous venons de faire de ces deux princes, citons de chacund’eux un Irait qui fait honneur à leur caractère.
Le comle d’Anjou , frère de saint Louis, ayant un procès avec un simple gentilhomme, s’étaitpermis de le faire mettre en prison. Le roi l’ayant appris , manda le comte d’Anjou, et lui ditd’un ton sévère : « Croyez-vous, parce que vous êtes mon frère, avoir le droit de vous rendre» justice à vous même? Y aurait-il par hasard deux rois en France? » Louis ordonna que lacause fût plaidée par-devant les tribunaux ordinaires. Elle le fut, et le comte fut condamné.
Ferdinand travaillant avec un de ses ministres, cherchait les moyens de soutenir la guerrecontre les Mores. Le ministre proposait un nouvel impôt. « Ce n’est pas mon avis, dit le roi.» Je crains plus la malédiction d’une pauvre femme que toute une armée de Mores. •