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HISTOIRE ET COSTUMES
butin, et emmena un grand nombre de captifs des plus distingués de cesmalheureuses contrées, tandis que le roi de Léon, pour punir ses sujets,chevaliers de Saint-Jacques, qui avaient servi le roi de Castille, sonennemi, confisqua une partie de leurs biens.
Le treizième siècle s’ouvrit sous des auspices plus favorables pourl’ordre de Saint-Jacques. Les chevaliers de Léon et de Castille, qui avaientchacun leur grand maître, se réunirent, et celui élu par les premiers futreconnu par les seconds; ce qui rétablit la paix parmi cette milice. Tousensemble harcelèrent les Mores de différents côtés, et firent sur eux plu-sieurs conquêtes jusqu’à l’année 1212, où les chrétiens remportèrent lavictoire la plus mémorable qu’ils eussent encore obtenue sur les infidèles.
On avait enfin vu les différents rois d’Espagne se réunir contre l’ennemicommun. Une coalition formidable composée des Castillans, des Navarraiset des Aragonnais, ayant à leur tête leurs rois respectifs, auxquelss’étaient joints des princes français et italiens, avec les chevaliers de Saint-Jacques-de-l’Épée, livrèrent aux Mores une bataille générale dans la plainede Maradal, appelée en espagnol Las Navas de Tolosa, sur les confins del’Andalousie, et prirent sur eux une revanche complète de la défaitequ’ils avaient4‘ssuyée en 1195. La perte des infidèles, disent les histo-riens espagnols, fut de 150,000 hommes d’infanterie et 50,000 de cava-lerie. Le cœur de tout Espagnol palpite encore aujourd’hui au souvenirde cette glorieuse journée. Le grand maître de Saint-Jacques y fut tué, demême que le successeur qu’on lui donna le fut au siège d’Alcarès, qui serendit à l’année chrétienne en 1215.
C’est de cette époque que date l’affaiblissement de la puissance musul-mane en Espagne. Cette victoire, qui couronne les dernières années durègne d’Alphonse le Bon, roi de Castille, fut comme le prélude de toutescelles qui devaient signaler, peu après lui, le règne brillant de Fer-dinand III, son petit-fils. Peu à peu les Mores se trouvèrent acculésdans le royaume de Grenade jusqu’à ce que, tous les royaumes d’Espagnese trouvant réunis sous le sceptre de Ferdinand et d’Isabelle, les infidèlesdurent enfin repasser le détroit.
Alphonse, mort en 1214, eut pour successeur son fils Henri I er ; maisce prince ne régna que trois ans, et laissa sa couronne à Bérangère, sasœur, qui avait épousé le roi de Léon, nommé aussi Alphonse. Cette prin-cesse était la sœur aînée de Blanche, mère de saint Louis, roi de France.