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HISTOIRE ET COSTUMES
vcrains pontifes de leur temps que les hospitaliers d’Anbrac fussent in-eorporés dans leur ordre. Mais les uns et les autres trouvèrent une grandeopposition à leur demande de la part des seigneurs voisins, qui, de con-cert, représentèrent aux papes que cette incorporation porterait un grandpréjudice à l’intérêt des pauvres, à qui l’établissement d’Aubrac fournissaittant de secours.
Il est à remarquer que le pape à qui les templiers s’adressèrent pourformuler leur demande, était ce même Clément V, qui prononça leur sup-pression, et c’était aux premiers bruits de l’orage qui grondait sur leurstêtes, que ces malheureux chevaliers rêvaient l’agrandissement de leurordre.
Il paraît qu’il y eut un temps où l’hôpital d’Aubrac possédait quelquessuccursales dans le voisinage, des dépendances qui en augmentaient l’im-portance. C’est ce qui se voit par un règlement donné, en 1419, par uncommissaire apostolique de Martin Y, qui fixe à soixante et dix tout lepersonnel de l’ordre; savoir : quarante prêtres, dont vingt pour leservice de la maison d’Aubrac, et vingt pour les maisons et cures qui endépendaient. Quant anx trente autres membres de l’ordre, vingt clercson laïques servaient dans l’hôpital d’Aubrac, et les dix autres étaient desfemmes employées au service des établissements secondaires soumis àl’autorité du dom.
Après cette époque, on voit le relâchement s’introduire dans cet ordre.Les religieux finissent par partager entre eux les biens, qui jusqu’alorsétaient indivis, ne voulant plus faire des vœux de non-propriété, et chacund’eux s’arroge un revenu à part, qui lui donne un bénéfice simple et com-mode (1).
Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui avait été pourvu dela donnnerie d’Aubrac en 1665, et, après lui, son frère, qui l’avait rem-placé dans l’évêché de Châlons et dans la même dommerie, firent desefforts pour rétablir la régularité dans cet hôpital. Il n’y avait plus, deleur temps, que vingt-deux hospitaliers, un seul chevalier et plus d’hospi-talières. On donna des pensions à chacun d’eux, et en leur place, l’éta-
(I) Les hommes seront toujours les mêmes. Sallusle n’avait-il pas déjà dit : « Ubi pro laborc» desidia, pro contincntia el œquüate lubido alquc superbia invasêre, forlvna simul cum» moribus immulatur. »
Sam., ix Catiuxam.