DES ORDRES DELICIEUX MILITAIRES.
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Le grand maître de Salza, de son côté, ne manquait aucune occasiond’accroître la puissance de son ordre, et la fortune d’ailleurs le servit àmerveille (I).
Un missionnaire nommé Albert, élève de l’université de Eremen,avait été élu évêque de la Livonie, vers l’an 1200. C’est lui qui a fondé laville de Riga, dont le nom, tiré du mot latin rigare, indique que cetteterre se trouvait par là régénérée et arrosée par les sueurs des apôtresqui lui avaient annoncé l’Évangile. Ce même Albert jugea que, pourmaintenir la foi dans ce pays, il conviendrait d’y établir un ordre militaire,sous le nom de chevaliers poi'te-glaives, sur le modèle des templiers.Mais les Livoniens s’étant révoltés, l’évêque Albert, ne se sentant pasassez fort avec ses chevaliers porte-glaives, eut la bonne idée de les réuniraux chevaliers teutons. Les deux ordres n’en firent plus qu’un, et celleréunion fut sanctionnée par l’autorité du pape Grégoire IX.
Les teutons, profitant de ce renfort, s’emparèrent de l’Estonie. Ainsileur puissance s’étendit sur la Livonie et la Prusse d’aujourd’hui, et ils yfondèrent neuf évêchés.
L’intention des chevaliers teutons, par l’érection de ces sièges épisco-paux , était sans doute de soutenir et d’étendre la religion chrétienne dansces contrées nouvellement converties. Mais ils eurent à se repentir plustard d’avoir donné à ces évêques une part dans le gouvernement temporel,et d’avoir, pour ainsi dire, partagé avec eux la souveraineté de cette con-quête : car ce partage produisit dans la suite des guerres acharnées entreeux et ces évêques. Mais il finit dire, à la louange des chevaliers teutons,que ce sont eux qui ont policé et civilisé ces peuples septentrionaux, etqu’on leur doit la fondation d’Elbing, de Tliorn, de Marienbourg, deDantzig et de lvonigsberg.
Cependant ces peuples sauvages, qu’ils avaient conquis, préférant leurliberté à tous les avantages sociaux que les chevaliers s’efforçaient de leurprocurer, se révoltèrent plus d’une fois et retournèrent au culte de leursidoles, comme avaient fait les Saxons du temps de Charlemagne. Est-cel’âpreté de ces climats qu’il faut accuser du peu de disposilions des
(I) Horman de Salza fui, dans l’ordre teulonii|iio, ce que l'urenl, dans l'ordre de Malle, lesglands mailres llaj’inond du Pny, d’Aubnsson el l.araletle. On aime à voir c-es héros i|iii lio-noi'cnt le corps auquel ils apparliennenl, el (|ni ne doivent qu’à eux - mômes loin ce qu'ils seul ;ces hommes lares, qui nous rappellent si bien le si forte virum quem de Virgile.