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[3] (1845)
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DES ORDRES DELICIEUX MILITAIRES.

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Le grand maître de Salza, de son côté, ne manquait aucune occasiondaccroître la puissance de son ordre, et la fortune dailleurs le servit àmerveille (I).

Un missionnaire nommé Albert, élève de luniversité de Eremen,avait été élu évêque de la Livonie, vers lan 1200. Cest lui qui a fondé laville de Riga, dont le nom, tiré du mot latin rigare, indique que cetteterre se trouvait par régénérée et arrosée par les sueurs des apôtresqui lui avaient annoncé lÉvangile. Ce même Albert jugea que, pourmaintenir la foi dans ce pays, il conviendrait dy établir un ordre militaire,sous le nom de chevaliers poi'te-glaives, sur le modèle des templiers.Mais les Livoniens sétant révoltés, lévêque Albert, ne se sentant pasassez fort avec ses chevaliers porte-glaives, eut la bonne idée de les réuniraux chevaliers teutons. Les deux ordres nen firent plus quun, et celleréunion fut sanctionnée par lautorité du pape Grégoire IX.

Les teutons, profitant de ce renfort, semparèrent de lEstonie. Ainsileur puissance sétendit sur la Livonie et la Prusse daujourdhui, et ils yfondèrent neuf évêchés.

Lintention des chevaliers teutons, par lérection de ces sièges épisco-paux , était sans doute de soutenir et détendre la religion chrétienne dansces contrées nouvellement converties. Mais ils eurent à se repentir plustard davoir donné à ces évêques une part dans le gouvernement temporel,et davoir, pour ainsi dire, partagé avec eux la souveraineté de cette con-quête : car ce partage produisit dans la suite des guerres acharnées entreeux et ces évêques. Mais il finit dire, à la louange des chevaliers teutons,que ce sont eux qui ont policé et civilisé ces peuples septentrionaux, etquon leur doit la fondation dElbing, de Tliorn, de Marienbourg, deDantzig et de lvonigsberg.

Cependant ces peuples sauvages, quils avaient conquis, préférant leurliberté à tous les avantages sociaux que les chevaliers sefforçaient de leurprocurer, se révoltèrent plus dune fois et retournèrent au culte de leursidoles, comme avaient fait les Saxons du temps de Charlemagne. Est-celâpreté de ces climats quil faut accuser du peu de disposilions des

(I) Horman de Salza fui, dans lordre teulonii|iio, ce que l'urenl, dans l'ordre de Malle, lesglands mailres llajinond du Pny, dAubnsson el l.araletle. On aime à voir c-es héros i|iii lio-noi'cnt le corps auquel ils apparliennenl, el (|ni ne doivent quà eux - mômes loin ce qu'ils seul ;ces hommes lares, qui nous rappellent si bien le si forte virum quem de Virgile.