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[3] (1845)
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HISTOIIiE ET COSTUMES

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lut heureux, cest (jue, lors de son élection, lon ne comptait que dixchevaliers capables de porter les armes, par suite des pertes quils avaientfaites sous les grands maîtres précédents, et quà sa mort il y en avaitplus de deux mille composés de la haute noblesse dAllemagne.

la» règle que le pape leur donna fut celle de saint Augustin.

la» haute réputation que sétait acquise le grand maître Herman deSalza, le fit choisir pour arbitre dans les différends qui sélevèrent entrele pape Honorius III et lempereur Frédéric II (1), et valut à son ordre,en plusieurs pays, de grandes possessions qui accrurent notablement lesrichesses des chevaliers teutons.

A celte époque, les petits souverains du noi'd de lAllemagne, dont lesterres étaient limitrophes de celles quhabitaient les Prussiens, nationencore idolâtre et à moitié sauvage, étant toujours en guerre avec cespeuples féroces, eurent recours, dans leur détresse, aux chevaliers teu-tons, et le duc de Cujavic, entre autres, offrit de leur céder la propriétéde deux de ses provinces, la Livonie et Cidn», ainsi que tout ce quilspourraient conquérir sur les Prussiens, sils voulaient laider à se défendrecontre ces peuples barbares.

Le grand maître accepta les offres du duc de Cujavie, et lui envoyaun de ses lieutenants, qui, avec un renfort de croisés que lui procura lepape Innocent IV, attaqua les Prussiens, et les ayant refoulés dans leurpropre pays, y entra et y construisit plusieurs foiteresses, entre autres,celle de Tborn, pour les tenir en échec, et lui servir à lui-même de pointdappui. Ce lieutenant, qui sappelait Balk, et prenait le titre de maîtreprovincial, profilant des succès quil obtenait, poussa jusque dans la Po-méranie, obligea les habitants à recevoir le baptême, et à reconnaîtrepour maîtres les chevaliers teutoniques. Il établit même une flottille pourempêcher les pirates de venir troubler la sûreté des côtes, et laissa destroupes dans le pays, pour y maintenir la domination de lordre. Cestalors que fut fondée Elbing, qui est aujourdhui une des plus grandesvilles du royaume de Prusse.

(I) Honorius pressait Frédéric d accomplir le \œu quil avait fuit, daller combattre les infi-dèles dans la lerre sainte ; mais lempereur préférant le séjour de lItalie aux fatigues de cetteexpédition, durerait toujours son départ malgré les instances et les menaces du pape, qui mou-rut avant d avoir vu Frédéric sembarquer. Son successeur, Grégoire IX, fut n oins patient (piclui et excommunia lempereur, comme infidèle à son voeu.