HISTOIIiE ET COSTUMES
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lut heureux, c’est (jue, lors de son élection, l’on ne comptait que dixchevaliers capables de porter les armes, par suite des pertes qu’ils avaientfaites sous les grands maîtres précédents, et qu’à sa mort il y en avaitplus de deux mille composés de la haute noblesse d’Allemagne.
la» règle que le pape leur donna fut celle de saint Augustin.
la» haute réputation que s’était acquise le grand maître Herman deSalza, le fit choisir pour arbitre dans les différends qui s’élevèrent entrele pape Honorius III et l’empereur Frédéric II (1), et valut à son ordre,en plusieurs pays, de grandes possessions qui accrurent notablement lesrichesses des chevaliers teutons.
A celte époque, les petits souverains du noi'd de l’Allemagne, dont lesterres étaient limitrophes de celles qu’habitaient les Prussiens, nationencore idolâtre et à moitié sauvage, étant toujours en guerre avec cespeuples féroces, eurent recours, dans leur détresse, aux chevaliers teu-tons, et le duc de Cujavic, entre autres, offrit de leur céder la propriétéde deux de ses provinces, la Livonie et Cidn», ainsi que tout ce qu’ilspourraient conquérir sur les Prussiens, s’ils voulaient l’aider à se défendrecontre ces peuples barbares.
Le grand maître accepta les offres du duc de Cujavie, et lui envoyaun de ses lieutenants, qui, avec un renfort de croisés que lui procura lepape Innocent IV, attaqua les Prussiens, et les ayant refoulés dans leurpropre pays, y entra et y construisit plusieurs foi’teresses, entre autres,celle de Tborn, pour les tenir en échec, et lui servir à lui-même de pointd’appui. Ce lieutenant, qui s’appelait Balk, et prenait le titre de maîtreprovincial, profilant des succès qu’il obtenait, poussa jusque dans la Po-méranie, obligea les habitants à recevoir le baptême, et à reconnaîtrepour maîtres les chevaliers teutoniques. Il établit même une flottille pourempêcher les pirates de venir troubler la sûreté des côtes, et laissa destroupes dans le pays, pour y maintenir la domination de l’ordre. C’estalors que fut fondée Elbing, qui est aujourd’hui une des plus grandesvilles du royaume de Prusse.
(I) Honorius pressait Frédéric d accomplir le \œu qu’il avait fuit, d’aller combattre les infi-dèles dans la lerre sainte ; mais l’empereur préférant le séjour de l’Italie aux fatigues de cetteexpédition, durerait toujours son départ malgré les instances et les menaces du pape, qui mou-rut avant d avoir vu Frédéric s’embarquer. Son successeur, Grégoire IX, fut n oins patient (piclui et excommunia l’empereur, comme infidèle à son voeu.