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HISTOIRE ET COSTUMES
Cette jeune religieuse, trouvant que la vie de ses compagnes n'était pasconforme à la règle, songeait à entrer dans Tin ordre plus sévère, maisson père s’v opposa. Elle était le modèle de la communauté par sa dévo-tion et les austérités qu’elle pratiquait. A l’âge de’quinze ans, elle futnommée coadjutrice de la prieure. Quelques temps après, elle voulutencore quitter Beaulieu, pour entrer dans l’ordre des clarisses. Mais sessupérieurs la retinrent, et, au lieu de lui permettre de s’en aller, ils luiconseillèrent plutôt de réformer son ordre; ce qu’elle fit, à l’aide de sixde ses consœurs, les seules des quarante qui composaient la communauté,qui voulurent se soumettre à une vie plus régulière. Mais tandis quelletravaillait à établir la réforme dans l’hôpital de Beaulieu, sa santé, affaibliepar ses mortifications continuelles, ne put soutenir une maladie violentedont elle fut attaquée, à l’âge de vingt-neuf ans, et à laquelle ellesuccomba.
Après sa mort, celles de ses compagnes qui avaient embrassé sa ré-forme, furent persécutées par les autres, et obligées de se retirer chezleurs parents. Elles écrivirent alors au grand maître de l’ordre, Antoinede Paille, pour lui demander sa protection. B les engagea à persévérerdans leurs bonnes dispositions, et leur conseilla de se réunir toutes lessix dans la ville de Toulouse; ce qu’elles firent, en 1024, prenant poursupérieure la mère de Mirandal, qui était très-zélée pour la réforme.
Un commandeur de l’ordre, le chevalier Monlagu de Fromigières, leurdonna un jardin et un emplacement pour bâtir un monastère, avec centéens de rente à chacune. Tout cela fut approuvé par le grand maître de
de Treille, qui ne permet pas de le faire, avant l'âge de seize ans. Mais comme on attribua sonopposition à l’espoir, qu’on lui supposait, de se marier, pour faire taire tous les mauvais pro-pos, elle se décida à celte démarche décisive. Ce n’est pas la seule fois qu’on ait vu des âmesHères prendre une résolution héroïque, pour imposer silence au bavardagedesgens du monde.On en cilera ici un second exemple.
Une jeune demoiselle, d’un caractère décidé, avait perdu pli.s que de coutume, au jeu, dansune assemblée nombreuse. Quand il fut question de payer, elle dit, en présence de plusieurspersonnes, cl en jetant l’argent sur la table, avec un peu d’humeur : je ne joue plus; je re-nonce au jeu. Quelques militaires, qui se trouvaient là, lui ayant dit, en plaisantant, qu’ilsespéraient bien qu’au moins elle ne renoncerait pas aux hommes. Eli bien, répondit-elle,puisque vous m’tn faites le défi, oui. j'y renonce aussi, cl pour toujours. Dès le lendemain, elleentra dans un content et y prit le voile. L’auteur de cet article l’a connue supérieure du mo.-nastère des urbanistes de Saint-Omer. Lors de la révolution de 1789, elle resta lidèle à sesvoeux , et vil toutes ses cou pagnes suivre son exemple.