HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.
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do fêtes, tenant toutes à la main un sceptre d’argent, et revêtues de ro-cliels de toile très-fine.
Ces religieuses restèrent, jusqu’en 1470, soumises au grand maître del’ordre de Saint-Jean; alors elles se mirent sous l’autorité du saint siège;ce qui dura cent ans, après quoi, elles retournèrent sous celle de l’ordre,et pour témoigner leur dépendance, la prieure de Sixènc envoyait unvase d’argent à chaque nouveau grand maître.
L’air de Sixène étant malsain, le pape Grégoire XIII permit aux ma-lades d’aller se faire traiter chez leurs parents : mais quand elles mou-raient le corps devait être rapporté à Sixènc, pour y être enterré d’aprèsun article formel de la règle. Les religieuses allaient bien loin au-devantde lui, et ne le recevaient qu’après avoir fait jurer à ceux qui le leur re-mettaient, que c’était bien le corps de leur consœur.
Le monastère de Sixène servit de type à plusieurs autres, qui s’éle-vèrent en Espagne, en Portugal, en Italie, et même en Angleterre, oùl’on en comptait cinq ou six maisons. Cet institut passa aussi en France;mais il y fut réformé, comme nous allons le voir.
Un chevalier, nommé Guibert de Thémines, avait fondé, en 1255, unpetit hospice, au village de Beaulieu, diocèse de Cahors, pour des pèle-rins, et, en 1259, son fds, nommé aussi Guibert, donna cet hospice auxhospitaliers de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui y mirent des reli-gieuses de leur ordre, sous la conduite d’Angline de Barras, femme deGuibert de Thémines, laquelle, du consentement de son mari, avait prisle voile chez les hospitalières. Cet établissement s’augmenta par les dona-tions qu’on lui fit, et Anglinc de Barras le gouverna jusqu’en 1290, et,après elle, Angline de Thémines, sa fille, en fut élue prieure.
Le grand maître de l’ordre de Saint-Jean, Guillaume de Villarcl, éta-blit la prieure de Beaulieu grande prieure de tous les' autres monastèresde filles que l’ordre avait en France. Il fixa le nombre des religieuses àquarante. Ces prérogatives accordées à ce monastère lui donnèrent le plusgrand relief.
Galliote de Yaillac, fille du comte de ce nom, prit, en 1590, l’habit denovice à Beaulieu, n’ayant encore que sept ans, et y fit profession, parordre de son père (1), cinq ans après.
(I) D’abord elle ne voulait pas prononcer ses vœux si tôt, l’ondée sur un décret d.t concile