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[3] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.

I I

do fêtes, tenant toutes à la main un sceptre dargent, et revêtues de ro-cliels de toile très-fine.

Ces religieuses restèrent, jusquen 1470, soumises au grand maître delordre de Saint-Jean; alors elles se mirent sous lautorité du saint siège;ce qui dura cent ans, après quoi, elles retournèrent sous celle de lordre,et pour témoigner leur dépendance, la prieure de Sixènc envoyait unvase dargent à chaque nouveau grand maître.

Lair de Sixène étant malsain, le pape Grégoire XIII permit aux ma-lades daller se faire traiter chez leurs parents : mais quand elles mou-raient le corps devait être rapporté à Sixènc, pour y être enterré daprèsun article formel de la règle. Les religieuses allaient bien loin au-devantde lui, et ne le recevaient quaprès avoir fait jurer à ceux qui le leur re-mettaient, que cétait bien le corps de leur consœur.

Le monastère de Sixène servit de type à plusieurs autres, qui séle-vèrent en Espagne, en Portugal, en Italie, et même en Angleterre,lon en comptait cinq ou six maisons. Cet institut passa aussi en France;mais il y fut réformé, comme nous allons le voir.

Un chevalier, nommé Guibert de Thémines, avait fondé, en 1255, unpetit hospice, au village de Beaulieu, diocèse de Cahors, pour des pèle-rins, et, en 1259, son fds, nommé aussi Guibert, donna cet hospice auxhospitaliers de lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui y mirent des reli-gieuses de leur ordre, sous la conduite dAngline de Barras, femme deGuibert de Thémines, laquelle, du consentement de son mari, avait prisle voile chez les hospitalières. Cet établissement saugmenta par les dona-tions quon lui fit, et Anglinc de Barras le gouverna jusquen 1290, et,après elle, Angline de Thémines, sa fille, en fut élue prieure.

Le grand maître de lordre de Saint-Jean, Guillaume de Villarcl, éta-blit la prieure de Beaulieu grande prieure de tous les' autres monastèresde filles que lordre avait en France. Il fixa le nombre des religieuses àquarante. Ces prérogatives accordées à ce monastère lui donnèrent le plusgrand relief.

Galliote de Yaillac, fille du comte de ce nom, prit, en 1590, lhabit denovice à Beaulieu, nayant encore que sept ans, et y fit profession, parordre de son père (1), cinq ans après.

(I) Dabord elle ne voulait pas prononcer ses vœux si tôt, londée sur un décret d.t concile