IIISTOIUE ET COSTUMES
G
chargé de procurer à ceux de sa langue lout ce dont ils avaient besoin.
Dans chaque grand prieuré se trouvaient plusieurs commanderies. Onappelait ainsi une certaine quotité de biens appartenant à l’ordre, et àportée desquels se trouvait une maison pour celui qui était titulaire de lacommanderie. Le revenu de ces biens, dont il était administrateur, luiappartenait. C’était un bénéfice qui se donnait ordinairement à l’anciennetéde service dans la religion (I).
Les commanderies étaient de trois sortes : magistrales, de justice etde grâce.
Les premières étaient celles qui appartenaient au grand maître, et dontle revenu faisait partie de sa liste civile. Il y en avait une dans chaquegrand prieuré.
Les commanderies de justice étaient celles qui se donnaient à l’ancien-neté de réception dans l’ordre. Celles de grâce étaient données par legrand maître ou même par les grands prieurs, aux frères servants, sanségard à l’ancienneté.
Pour être commandeur de justice, il fallait avoir résidé cinq ans àMalle, et avoir fait, en personne, quatre caravanes. On appelait cara-vane, du mot arabe karo'ùen (réunion d’hommes), un voyage en mer sui-tes galères, et pour le service de la religion.
Tout le personnel de l’ordre était divisé en chevaliers de justice, che-valiers de grâce et frères servants. Ces derniers étaient composés dedeux classes, savoir : les frères servants d’armes et les frères servantsd’église.
Les chevaliers de justice étaient nobles et obligés d’en fournir lespreuves. C’est parmi eux qu’étaient choisis le grand maître et les grandsdignitaires de l’ordre.
Les chevaliers de grâce étaient ceux qui, sans être nobles, avaientrendu des services à l’ordre ou fait quelque action d’éclat à la guerre, etavaient mérité par là d’être assimilés aux nobles.
Les frères servants de guerre portaient les armes, comme les chevaliers,et rendaient service dans l’hôpital. Enfin, les frères servants d’égliseétaient des ecclésiastiques qui servaient d'aumôniers sur les vaisseaux,ou qui desservaient, en qualité de chapelains, les églises conventuelles à
(I) C’est sons co nom qu'on désigna quelquefois l'ordre do Malle.