DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.
qu’ils avaient reçu, et l’Isle-Adam fut obligé de se rendre, après la pinshéroïque défense.
Les chevaliers avaient possédé Rhodes pendant deux cent treize ans.
L’Isle-Àdam et ses chevaliers errèrent pendant plusieurs années avantde trouver un asile. A la fin, Charles V leur accorda l’île de Malte, où ilss’établirent en 15GG. Soliman voulut encore leur enlever ce nouveau poste;mais il eut affaire au grand maître de Lavalette, qui, aussi brave maisplus heureux que l’Isle-Adam, soutint pendant quatre mois tous les efforlsde la puissance ottomane, et força le sultan à se retirer, la rage dansle cœur.
Le gouvernement de l’ordre de Malte était tout à la fois monarchiqueet aristocratique. Le grand maître agissait en souverain dans l’île de Malteet ses dépendances. Il faisait battre monnaie et avait le droit de grâceenvers les criminels. Mais dans les affaires importantes, il ne pouvait rienfaire sans son conseil, qui était composé des grands-croix, des grandsprieurs et des baillis conventuels. Il avait deux voix dans ce conseil, dontil était le président.
L’ordre entier comprenait huit nations ou langues, savoir : celles deProvence, d’Auvergne, de France, d’Italie, d’Aragon, de Castille, d’Al-lemagne et d’Angleterre.- Mais cette dernière n’existait plus depuis lechangement de religion dans cette île. Les chevaliers nés en Belgiqueétaient compris dans la langue de France.
Chaque langue avait un chef, qu’on appelait pilier, et un bailli con-ventuel.
Le pilier de la langue de Provence, en mémoire de Raymond du Puv,qui était Provençal, était grand commandeur; celui de la langue d’Au-vergne, grand maréchal; celui de la langue de France, grand hospitalier;celui de la langue d’Italie, grand amiral; celui de la langue d’Aragon,grand conservateur; celui de la langue de Castille, qui comprenait aussile Portugal, grand chancelier; celui de la langue d’Allemagne, grandbailli; enfin celui de la langue d’Angleterre, était autrefois général del’infanterie.
Chaque langue possédait plusieurs grands prieurés et bailliages conven-tuels. Ceux qui en étaient revêtus étaient les grands dignitaires de l’ordre.
De plus, chaque langue avait à Malte son hôtel, qu’on appelait auberge.Chaque nation s’v rassemblait, sous la présidence de son pilier, qui était
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