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[3] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES.

quils avaient reçu, et lIsle-Adam fut obligé de se rendre, après la pinshéroïque défense.

Les chevaliers avaient possédé Rhodes pendant deux cent treize ans.

LIsle-Àdam et ses chevaliers errèrent pendant plusieurs années avantde trouver un asile. A la fin, Charles V leur accorda lîle de Malte, ilssétablirent en 15GG. Soliman voulut encore leur enlever ce nouveau poste;mais il eut affaire au grand maître de Lavalette, qui, aussi brave maisplus heureux que lIsle-Adam, soutint pendant quatre mois tous les efforlsde la puissance ottomane, et força le sultan à se retirer, la rage dansle cœur.

Le gouvernement de lordre de Malte était tout à la fois monarchiqueet aristocratique. Le grand maître agissait en souverain dans lîle de Malteet ses dépendances. Il faisait battre monnaie et avait le droit de grâceenvers les criminels. Mais dans les affaires importantes, il ne pouvait rienfaire sans son conseil, qui était composé des grands-croix, des grandsprieurs et des baillis conventuels. Il avait deux voix dans ce conseil, dontil était le président.

Lordre entier comprenait huit nations ou langues, savoir : celles deProvence, dAuvergne, de France, dItalie, dAragon, de Castille, dAl-lemagne et dAngleterre.- Mais cette dernière nexistait plus depuis lechangement de religion dans cette île. Les chevaliers nés en Belgiqueétaient compris dans la langue de France.

Chaque langue avait un chef, quon appelait pilier, et un bailli con-ventuel.

Le pilier de la langue de Provence, en mémoire de Raymond du Puv,qui était Provençal, était grand commandeur; celui de la langue dAu-vergne, grand maréchal; celui de la langue de France, grand hospitalier;celui de la langue dItalie, grand amiral; celui de la langue dAragon,grand conservateur; celui de la langue de Castille, qui comprenait aussile Portugal, grand chancelier; celui de la langue dAllemagne, grandbailli; enfin celui de la langue dAngleterre, était autrefois général delinfanterie.

Chaque langue possédait plusieurs grands prieurés et bailliages conven-tuels. Ceux qui en étaient revêtus étaient les grands dignitaires de lordre.

De plus, chaque langue avait à Malte son hôtel, quon appelait auberge.Chaque nation sv rassemblait, sous la présidence de son pilier, qui était

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