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HISTOIRE ET COSTUMES
s'acharna, pendant cinq ans, à prendre cette place; mais il fut à la tinobligé de se retirer.
Cependant l'empire grec venait d’être détruit par la prise de Constan-tinople en 1455. Mahomet 11, fier de sa puissance, voulut chasser leschevaliers de Rhodes de l’Asie. 11 vint avec une armée de 100,000 com-battants et 160 voiles, mettre le siège devant Rhodes en 1480. Il eut lahonte d’échouer dans son entreprise, et tous ses efforts se brisèrentcontre l’immortel grand maître d’Aubusson, qui lui tua 9,000 Turcs et leforça d’abandonner le siège.
Mahomet n’eut, pas le temps de laver cet affront, et à sa mort la discordese mit entre ses deux fils, Bajazet et Zizim. Celui-ci se plaça sous la pro-tection des chevaliers de Rhodes en 1482. Ils le reçurent comme roi deleur île, et forcèrent Bajazet à leur payer 35,000 ducats par an, pourl’entretien de son frère. Mais Zizim, qui craignait de tomber entre lesmains de Bajazet, demanda à se retirer en France, où il lui paraissaitqu’il serait plus en sûreté.
Le malheureux Zizim mourut à Rome en 1495. Bajazet, ne crai-gnant plus rien de la part des chevaliers de Rhodes, arma contre eux.Fa plupart des princes chrétiens, redoutant la puissance ottomane,se réunirent contre Bajazet, et mirent le grand maître à la tête de leurligue.
Mais bientôt après ils se désunirent et firent séparément la paix avecles Turcs. Le grand maître en fut tellement abattu, qu’il en mourut dechagrin, en 1503, à l’àge de quatre-vingts ans, après avoir gouverné glo-rieusement son ordre pendant vingt-sept ans.
Cependant l’heure fatale arrivait où les hospitaliers de Saint-Jean de-vaient perdre leur brillante conquête.
Soliman, empereur des Turcs, vint, en 1522, avec 500,000 hommeset 280 voiles, mettre le siège devant Rhodes. Les chevaliers, quoique peunombreux et n’ayant pas d’auxiliaires, auraient peut-être pu repoussercette nouvelle attaque; mais un traître se trouvait parmi eux.
André d’Amaral, Portugais, chancelier de l’ordre, était indigné de s’èlrevu préférer Yilliers de l’Isle-Adam, pour la grande maîtrise. Pour s’envenger, il indiqua à Soliman, au moyen d’une flèche qu’il lança dans soncamp, les moyens de prendre la place. Sa trahison fut découverte, et ilen porta la peine. Mais les Turcs n’en profilèrent pas moins de l’avis