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11ISTOI15E ET COSTUMES
avaient à dîner nn morceau de pain bis, avec des herbes bouillies et as-saisonnées d’un peu de sel; leur collai ion consistait en deux onces de painsec. Les antres jours, ils avaient à dîner un potage aux herbes, une por-tion de légumes ou de racines, avec du dessert, c’est-à-dire, des radis oudes raves, des noix ou quelques fruits. Ils ne mangeaient ni œufs, nipoisson, et ne faisaient gras que quand ils étaient malades. Le lait et lefromage leur étaient quelquefois permis. Leur souper consistait en troisonces de pain, auquel ils ajoutaient, aux jours de grandes fêtes et durantle temps pascal, un peu de fromage et une salade.
Chaque jour, ils donnaient plusieurs heures au travail des mains, etce travail consistait à bêcher la terre, à porter les fumiers au jardin, àfaire les foins, etc. Le chœur emportait un temps considérable. Ils étaienttoujours ensemble, afin de s’exciter les uns les autres par la force del’exemple. Ils couchaient sur des paillasses piquées. Ils se proclamaientmutuellement au chapitre, et les plus petites fautes étaient punies sévère-ment. Quand ils étaient à l’agonie, on les portait à l’église, où ils rece-vaient les sacrements, couchés sur la cendre. Ils restaient ordinairementen cet état jusqu’à ce qu’ils eussent rendu l’âme.
Ce qu’il y avait de plus admirable, c’est qu’une douce sérénité étaitpeinte sur le visage de ces pieux solitaires. Il semblait que leur joie crois-sait à proportion de leurs austérités.
Quand, en 1791, le clergé catholique fut proscrit en masse en France,les trappistes, obéissant au précepte divin : Cum vos persccuti fucrinl indvilnle ista, fugile in aliam, allèrent chercher sur le sol étranger unasile où ils pussent prier en paix pour ceux qui les chassaient du sol dela patrie. Ils se retirèrent, les uns en Angleterre, les autres en Amé-rique, en Allemagne, en Russie. Ils formèrent deux établissements consi-dérables, l’un à la Val-Sainte, près de Fribourg, en Suisse, l’autreà Durfeld, en Westphalie. Ce dernier fut transféré, en 1821, au Montdes Olives, près Mulhausen, en Alsace; mais ils en furent chassésen 1850.
Sous l’empire, en 1811, ils s’étaient établis dans la forêt de Sénart,sur les bords de la Seine, à sept lieues au-dessus de Paris, où l’on voyait,avant la révolution, un ermitage avec une fabrique de soieries. A la res-tauration, ils fondèrent une maison près de Cassel, en Flandre, et uneautre à l’ancienne abbaye du Gard, sur la Somme, à quatre lieues au-des-