DES ORDRES RELIGIEUX.
"2011
sus d’Amiens. Mais leur plus grand établissement à eette époque fut à laMeilleraie, boui'g du département des Deux-Sèvres en Poitou. Ils en ontété expulsés en 1850. Un généreux lord anglais, sir Richard Keene, lesrecueillit alors dans une de ses terres, et ils y fondèrent un établissementsous le nom du Nouveau Monl-Meilleraie. Us ont encore cependantquelques maisons en France, comme au Gard et à Briquebee, dont nousavons parlé au chapitre des frères pontifes. Il paraît même qu’ils sontrentrés à Meilleraie.
Entre autres établissements, ils en ont un au diocèse de Besançon,autorisé par le gouvernement, comme modèle d’agriculture.
L’ordre des trappistes a été illustré, il y a quelques années, par un re-ligieux très-connu, dom Géramb, ancien général au service d’Autriche,qui nous a laissé quelques ouvrages intéressants.
L’acquisition d’un membre aussi distingué n’a pas sauvé les trappistesde la surveillance inquiète du gouvernement français à leur égard; car unerévélation faite dernièrement à la chambre des députés par le ministredes cultes, nous apprend que ces religieux viennent d’être chassés dudépartement du Tarn.
Au récit de tant de traverses, les uns plaindront ces pauvres religieux;d’autres les mépriseront, comme des fanatiques incorrigibles. Je crois,au contraire, qu’il faut les féliciter. Ces enfants de la pénitence saventbien que les joies du monde ne sont pas leur partage. Leur élément,c’est la souffrance. Us sont les disciples d’un maître qui leur a apprisque l’on est heureux quand on est maudit, calomnié par les hommes,et persécuté comme chrétien (1). Lecteurs assidus des livres saints,ils y ont trouvé leurs modèles dans ces hommes (2), qu’on a vus surla terre, couverts des vêlements les plus vils, errant dans les déserts,sa)is autre abri que les cavernes et le creux des rochers, dévorésde misères; en hutte aux railleries, aux mauvais traitements, etqu’un monde, qui n’était pas digne d'eux, abreuvait d’injustices etd’outrages.
(I ) Ucali cslis cum iiki I i‘d i ver i ni vohis, ni pci'seiuli \os luCi'inl, el dixurint oinne matumadvcrsnm vos, nienlienlcs pro|>(or me. Mal-lh-, cap. V.
(2) l.ndibria et verhera ex| erli... <-iroiiorimt in melntis. in pellilms caprinis, egenlcs, angus-liali , afflicti, <|uibus (lignes non mal niniidusin soliludinil us errantes, in nionlibus, el spe-luncis el in caicrnis terne. I'aul. ad lleb., cap. II.