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Lorsqu'un religieux était sur le point de faire profession, il écrivait àsa famille pour renoncer à tous ses biens. Sa profession faite, il rompaittout commerce avec ses amis, et même avec ses proches; et s’il se souve-nait encore du monde, ce n’était que pour prier pour lui. On ne recevaitrien dans le monastère, qui, sans être riche, trouvait encore'le moyen defaire des aumônes considérables.
Quand l’abbé savait la mort d’un parent de quelque religieux, il. lerecommandait aux prières de la communauté, mais sans le désigner, eten disant en général que le père, la mère, etc., d’un des frères étaitmort.
Ils tenaient toujours les yeux baissés, et ne regardaient jamais lesétrangers. S’ils passaient devant eux, il les saluaient par une inclinationprofonde. Ils gardaient entre eux un silence perpétuel. Ils ne parlaientqu’à leurs supérieurs, et ne pouvaient s’entretenir qu’en leur présenceavec les étrangers. Lorsqu’ils étaient ensemble aux travaux ou ailleurs,ils ne se communiquaient leurs pensées que par signes.
Le pape Innocent III appelait le monastère de Saint-Bernard la mer-xml le (lu monde. On pouvait en dire autant de la Trappe. La vie qu’ony menait était angélique. Il n’y avait point de spectacle plus touchant quecelui (m’offrait le recueillement continuel des religieux au travail, au ré-fectoire et surtout à l’église. Le vénérable évêque d’Amiens, M. d’Orléansde la Motte, allait souvent voir les solitaires de la Trappe, et il entrete-nait un commerce de lettres avec beaucoup d’entre eux, et si ses diocé-sains, si Louis XV ne s’y étaient opposés, il s’y serait bût religieux. Auretour d’un voyage qu’il avait fait à ce monastère, il écrivait à un de ceuxqu’il y avait vus : « Le duc d’Havré dit que le voyage que nous avons» fait ensemble à la Trappe, a fait à son âme une sorte de mal; c’est de» le dégoûter de toute autre communauté, et de tout autre service divin.» Il a été charmé de tout ce qu’il a vu. » Voici comment il s’explique à unautre religieux sur l’opinion qu’il avait de la sainteté de l’abbé de celtemaison : « .J’exhorte et prie ce cher supérieur de faire pour lui ce qu’il» ferait pour le plus inutile de scs religieux. Je ne lui dis pas d’aimer son» prochain comme lui-même, mais de s’aimer lui-même, comme il aime» son prochain. » Ce prélat avait alors quatre-vingt-dix ans.
Le genre de vie des religieux de la Trappe était fort austère; ilsn’avaient d’autre boisson que le cidre ou la bière. Les jours de jeûne, ils