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[2] (1845)
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DES Olï DU ES P.EUr.lEUX.

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Lorsqu'un religieux était sur le point de faire profession, il écrivait àsa famille pour renoncer à tous ses biens. Sa profession faite, il rompaittout commerce avec ses amis, et même avec ses proches; et sil se souve-nait encore du monde, ce nétait que pour prier pour lui. On ne recevaitrien dans le monastère, qui, sans être riche, trouvait encore'le moyen defaire des aumônes considérables.

Quand labbé savait la mort dun parent de quelque religieux, il. lerecommandait aux prières de la communauté, mais sans le désigner, eten disant en général que le père, la mère, etc., dun des frères étaitmort.

Ils tenaient toujours les yeux baissés, et ne regardaient jamais lesétrangers. Sils passaient devant eux, il les saluaient par une inclinationprofonde. Ils gardaient entre eux un silence perpétuel. Ils ne parlaientquà leurs supérieurs, et ne pouvaient sentretenir quen leur présenceavec les étrangers. Lorsquils étaient ensemble aux travaux ou ailleurs,ils ne se communiquaient leurs pensées que par signes.

Le pape Innocent III appelait le monastère de Saint-Bernard la mer-xml le (lu monde. On pouvait en dire autant de la Trappe. La vie quony menait était angélique. Il ny avait point de spectacle plus touchant quecelui (moffrait le recueillement continuel des religieux au travail, au ré-fectoire et surtout à léglise. Le vénérable évêque dAmiens, M. dOrléansde la Motte, allait souvent voir les solitaires de la Trappe, et il entrete-nait un commerce de lettres avec beaucoup dentre eux, et si ses diocé-sains, si Louis XV ne sy étaient opposés, il sy serait bût religieux. Auretour dun voyage quil avait fait à ce monastère, il écrivait à un de ceuxquil y avait vus : « Le duc dHavré dit que le voyage que nous avons» fait ensemble à la Trappe, a fait à son âme une sorte de mal; cest de» le dégoûter de toute autre communauté, et de tout autre service divin.» Il a été charmé de tout ce quil a vu. » Voici comment il sexplique à unautre religieux sur lopinion quil avait de la sainteté de labbé de celtemaison : « .Jexhorte et prie ce cher supérieur de faire pour lui ce quil» ferait pour le plus inutile de scs religieux. Je ne lui dis pas daimer son» prochain comme lui-même, mais de saimer lui-même, comme il aime» son prochain. » Ce prélat avait alors quatre-vingt-dix ans.

Le genre de vie des religieux de la Trappe était fort austère; ilsnavaient dautre boisson que le cidre ou la bière. Les jours de jeûne, ils