Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
Seite
201
Einzelbild herunterladen
 

DES ORDRES RELIGIEUX.

201

théâtre de la guerre, établi en Picardie, avait forcées de quitter leurcouvent.

Pour agrandir le cercle de ses bonnes œuvres, elle sassocia quelquestilles pieuses, quelle forma elle-même à lart dinstruire la jeunesse. Elledonna à cette réunion le nom de la Sainte-Famille, et ayant apprisquune demoiselle Blosset avait formé à Paris, vers lan 1636, une aggré-gation pareille à la sienne, sous le nom de filles de Sainte-Geneviève, etdans les mômes intentions (pie celles qui la guidaient elle-même, les deuxfondatrices jugèrent quil leur serait utile de se concerter, vu lidentité debut, pour ne faire quune seule congrégation des deux quelles avaientformées.

Cette union se lit en 1665, et fut confirmée, sous le nom de filles deSainte-Geneviève, par Hardouin de Péréfixe, archevêque de Paris, etensuite par le cardinal de Vendôme, légal du saint siège.

Heureux le pays et lépoque linstinct du bien réunit des personnespieuses, pour travailler en commun au salut ou au soulagement de leurscompatriotes! Mais aussi malheur au pays et à lépoque pendant undemi-siècle on voit les méchants, poussés par linstinct, du mal, se cher-cher et se coaliser pour semer le trouble et la désunion dans leur patrie!

Cette union étant ainsi terminée, M me de Miramion en fut nommée lasupérieure et fournit 60,000 livres pour les frais de premier établisse-ment. Elle dressa les constitutions de la nouvelle congrégation qui furentenregistrées au conseil dÉtat, puis au parlement de Paris, et achetaune maison sur le quai de la Tournelle pour loger ses compagnes à quielle fournit de nouveaux fonds pour leurs dépenses. Alors cette maison futnommée le couvent des Miramiones; le quai de la Tournelle reçut aussile nom de quai des Miramiones.

La fondatrice passa le reste de sa vie dans cette maison. Elle y payaitpour sa pension quinze cents livres, ce qui, avec les dots que ses reli-gieuses recevaient de leurs parents, les aidait à vivre.

Ces filles ne faisaient pas de vœux. Elles récitaient en commun le petitoffice de la sainte Vierge. Elles allaient visiter les malades et faisaienttoutes sortes de bonnes œuvres. Elles tenaient des pensionnaires, don-naient en outre des leçons gratuites aux pauvres filles, et allaient enseignerles pauvres dans les villages.

Elles recevaient aussi dans leurs maisons les femmes pieuses (pii

ii

26