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mSTOIIŒ ET COSTUMES
M” (le M iramion eut une couche très-laborieuse; au milieu des douleursqu’elle éprouvait, elle demanda avec instance à la sainte Vierge qu’aumoins son enfant ne mourût pas avant d’avoir reçu le baptême. Sa prièrefut exaucée, elle accoucha heureusement, et mit au monde une fdlequi épousa dans la suite un maître des requêtes.
Cette jeune veuve n’avait encore que dix-huit ans, quand plusieurspartis se présentèrent pour l’épouser. Celui qui paraissait le plus em-pressé, était le fameux Bussy-Rabutin, qui, pour la posséder, eutl’audace d’employer un moyen que le délire de la passion pouvait seul luiinspirer : il la fit, enlever et conduire à son château de Launoy, prèsde Sens.
Cette violence produisit en elle une telle exaspération, quelle en futmalade à la mort et reçut les derniers sacrements. Rabutin allait être pour-suivi criminellement, mais, à la prière du prince de Condé, M ,no de Miramionlui pardonna, à condition que de la vie il ne se présenterait devant elle (1).• Mais une aventure aussi cruelle eut pour effet de la dégoûter dumonde et de lui inspirer la résolution d’y renoncer pour toujours. Ellen’eut plus d’autres désirs que de s’occuper de bonnes œuvres, en soula-geant les indigents et se consacrant à l’instruction de la jeunesse de sonsexe. Dès lors elle se mit à parcourir les hôpitaux pour y visiter et pan-ser elle-même les malades. Elle fit pour cela une étude particulière de laconfection et de l’application des médicaments.
Une occasion se présenta pour mettre sa charité dans tout son jour.Ees troubles de la Fronde, sous la minorité de'Louis XIV, avaient pro-duit à Paris bien des calamités. Les gens riches, absorbés tout entiersdans les discordes civiles, n’avaient plus le temps de s’occuper despauvres, qui manquaient de tout. M me de Miramion vendit, pour les sou-lager, son argenterie et un collier d’une grande valeur, afin de pouvoirvenir au secours d’un plus grand nombre de malheureux. Elle reçutet logea chez elle une communauté tout entière de religieuses, que le
(1 ) Bussy-Iîabutin fut le Mirabeau île son temps: c’élail un homme d’espril, écrivain agréable,mais caustique et méchant. Il passa une pal lie de sa vie à la Bastille ou en exil dans ses terres,en expiation des pamphlets scandaleux dont il inondait le public.
C’est ainsi que de nos jours, Mirabeau avec tout son esprit. toute son éloquence et ses suc-cès de tribune . ne lut jamais que n aurais fil , mauvais époux et mauvais citoyen. On m’amontré, au donjon deVinecnnes, la chambre qu’il y avait occupée et où sa femme l’avaitfait enfermer.