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[2] (1845)
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mSTOIIŒ ET COSTUMES

M (le M iramion eut une couche très-laborieuse; au milieu des douleursquelle éprouvait, elle demanda avec instance à la sainte Vierge quaumoins son enfant ne mourût pas avant davoir reçu le baptême. Sa prièrefut exaucée, elle accoucha heureusement, et mit au monde une fdlequi épousa dans la suite un maître des requêtes.

Cette jeune veuve navait encore que dix-huit ans, quand plusieurspartis se présentèrent pour lépouser. Celui qui paraissait le plus em-pressé, était le fameux Bussy-Rabutin, qui, pour la posséder, eutlaudace demployer un moyen que le délire de la passion pouvait seul luiinspirer : il la fit, enlever et conduire à son château de Launoy, prèsde Sens.

Cette violence produisit en elle une telle exaspération, quelle en futmalade à la mort et reçut les derniers sacrements. Rabutin allait être pour-suivi criminellement, mais, à la prière du prince de Condé, M ,no de Miramionlui pardonna, à condition que de la vie il ne se présenterait devant elle (1). Mais une aventure aussi cruelle eut pour effet de la dégoûter dumonde et de lui inspirer la résolution dy renoncer pour toujours. Elleneut plus dautres désirs que de soccuper de bonnes œuvres, en soula-geant les indigents et se consacrant à linstruction de la jeunesse de sonsexe. Dès lors elle se mit à parcourir les hôpitaux pour y visiter et pan-ser elle-même les malades. Elle fit pour cela une étude particulière de laconfection et de lapplication des médicaments.

Une occasion se présenta pour mettre sa charité dans tout son jour.Ees troubles de la Fronde, sous la minorité de'Louis XIV, avaient pro-duit à Paris bien des calamités. Les gens riches, absorbés tout entiersdans les discordes civiles, navaient plus le temps de soccuper despauvres, qui manquaient de tout. M me de Miramion vendit, pour les sou-lager, son argenterie et un collier dune grande valeur, afin de pouvoirvenir au secours dun plus grand nombre de malheureux. Elle reçutet logea chez elle une communauté tout entière de religieuses, que le

(1 ) Bussy-Iîabutin fut le Mirabeau île son temps: célail un homme despril, écrivain agréable,mais caustique et méchant. Il passa une pal lie de sa vie à la Bastille ou en exil dans ses terres,en expiation des pamphlets scandaleux dont il inondait le public.

Cest ainsi que de nos jours, Mirabeau avec tout son esprit. toute son éloquence et ses suc-cès de tribune . ne lut jamais que n aurais fil , mauvais époux et mauvais citoyen. On mamontré, au donjon deVinecnnes, la chambre quil y avait occupée et sa femme lavaitfait enfermer.