MLLES DE SAINTE-GENEVIÈVE
ET SOEURS DE LA SAINTE-FAMILLE.
Il nous reste à parler d’une congrégation qui, comme tant d’autres,formée dans le dix-septième siècle pour l’instruction de la jeunesse et lesoulagement des classes souffrantes et malheureuses, nous donnera encorel’occasion d’offrir le tableau des vertus d’une femme qui a consacré tousles instants de sa vie, et sa fortune tout entière, aux inspirations de lacharité la plus héroïque.
Cette femme est M" 10 de Miramion, fondatrice principale des filles deSainte-Geneviève, connues autrefois, à Paris, sous le nom de miramiones.
M me de Miramion était fdle de Jacques Bonneau, seigneur de Rubelle,près de Melun, diocèse de Meaux. Elle naquit à Paris, le 2 novembre 1021).Elle perdit sa mère à l’âge de neuf ans, et, à douze ans, son occu-pation la plus chère était de soigner les malades dans la maison de sonpère. Un jour que celui-ci avait réuni chez lui une assez nombreusecompagnie pour un bal, sa fdle, au lieu de prendre sa part des plaisirsde cette soirée, aima mieux aller soigner un malheureux palefrenier quise mourait, et dont elle voulut recevoir le dernier soupir.
A l’âge de seize ans, en 1G45, elle épousa Jean-Jacques de Beauharnais,seigneur de Miramion, et conseiller au parlement de Paris. Ce magistratne se doutait pas que les deux noms qu’il portait, devaient passer à lapostérité, enregistrés, l’un par la gloire (I), l’autre par la religion (2).Il mourut l’année de son mariage, à vingt-sept ans, laissant sa femmeenceinte de quatre mois et demi.
( 1J Eugène de ticanliarn;iis, vicc-roi d’Ilalie.(2) M m ' de Miramion.