DES ORDRES RELIGIEUX.
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âmes privilégiées, qui l’étonnent par le mépris qu’elles font des richesses,des jouissances temporelles et de tous les avantages que procurent la for-tune et la naissance, et qui, loin de se montrer au grand jour, ne cher-chent qu’à se faire oublier, d’après le précepte du sage : Ama nesciri. C’estcet esprit qui, comme nous l’avons vu, page 51, tome F r , a conduit Car-loman dans la solitude du Mont-Cassin, et la princesse Louise, fille deLouis XV, chez les carmélites de Saint-Denis. Ces miracles de la grâce,cette vocation particulière qui saisit les élus au moment de leur nais-sance, sont les œuvres dont Dieu se glorifie lui-même par la bouche d’unprophète, quand il dit : Quis hœc operalus est, et fecit, vocans genera-tiones ah exordio? Ego Dominas. (Isaï, 41, 4.)
Les trois premiers établissements de cet institut, savoir : ceux de laFlèche, de Baugé et de Beaufort, en Anjou, fournirent dans la suite dessujets pour en fonder d’autres à Moulins, à Laval, à Nîmes, à Avignon (1),et jusqu’à Montréal, dans le Canada. C’est dans l’hôpital de Moulins quemourut, en 1059, M" 0 de La Fère, fondatrice de tout l’ordre qui futapprouvé, en 1666, par Alexandre VII, lequel déclara ces hospitalièresvéritablement religieuses, sous la règle de saint Augustin, et soumises àla clôture. Les constitutions définitives furent dressées, en 1685, parl’évêque d’Angers.
Ce qu’il y eut de remarquable dans cet institut, c’est que le dernier éta-blissement qui accepta la clôture, fut celui qui en était le berceau, c’est-à-dire celui de la Flèche : ce qui eut lieu en 1695.
Il règne une grande union entre toutes les maisons de ces hospita-lières. Lorsqu’un de leurs établissements se trouve dans la gêne, les autresviennent à son secours. Elles n’ont d’autres prières à faire que celles dupetit office de la Vierge, et ne sont soumises à d’autres jeûnes qu’à ceuxque l’Église impose à tous les chrétiens. Leur principale occupation est lesoin des pauvres, qui forme l’objet du quatrième vœu qu’elles prononcent.Enfin, pour maintenir entre elles l’union et l’observance de leur règle, il
(I) Deux faits ont illustré, au moyen âge, la ville d’Avignon ; la construction de son fameuxpont et le séjour de la cour romaine dans ses murs pendant soixante ans. Deux autres faits, biendifférents, l’ont déshonorée dans ces derniers temps; d’abord le massacre impuni de soixantevictimes égorgées et entassées ensuite dans une glacière, en 1791 ; et,|toul récemment, l’expul-sion violente des respectables sœurs de Saint-Joseph de leur hépilal ; œuvre inconcevable desautorités de cette xille !