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HISTOIRE ET COSTUMES
d’après le conseil que lui en avait donné un saint prêtre, nommé Ber-nard, connu sous le nom du Pauvre Prêtre (1). On lui proposa de sejoindre à M" c de La Fère; ce qu’elle fit pour s’associer aux bonnesœuvres qu’elle lui voyait faire. Une troisième fdle vint bientôt les trouverpour partager leurs bonnes actions, et leur nombre s’éleva jusqu’àtrente, qui formèrent une communauté d’hospitalières, auxquelles l’évêqued’Angers donna des constitutions. Aujourd’hui la ville de la Flèche estcomprise dans le diocèse du Mans, et les hospitalières de Saint-Joseph yont encore plusieurs maisons, dont deux sont autorisées par le gouverne-ment actuel. Dans une de ces maisons il y a même un pensionnat qui ren-ferme un grand nombre de jeunes personnes.
D’après les constitutions des sœurs hospitalières de Saint-Joseph, leurnombre devait être fixé à trente, qui se dévoueraient au service des pau-vres, assistées de six sœurs domestiques ou tourières. Elles devaientchoisir parmi elles une supérieure qui serait trois ans en place. Au boutîle huit ans, elles étaient obligées de faire des vœux simples de chasteté,d’obéissance et de pauvreté. Elles s’engageaient, par un quatrième vœu,à soigner les pauvres.
Leurs vœux n’étaient pas perpétuels, mais limités, à leur choix, pourle nombre d’années qui leur conviendrait.
Leur habillement devait être modeste et de couleur noire. Les sœursdomestiques étaient habillées à peu près comme les religieuses. Maistoutes portaient au petit doigt de la main gauche une bague en argent, surlaquelle étaient gravés les noms de Jésus, Marie, Joseph.
du duc d’Engliien, fusillé à Vinconnes en 1801. I.es assassinais révolutionnaires semblentavoir été calculés sur le même plan, qui élail de détruire le prince, espoir de sa branche. Leduc d'Enghien aurait propagé la branche des Coudé, comme le duc de Berry devait continuerla branche aînée des Bourbons.
(1) Ce pauvre prêtre était riche en vertus. Fils d’un conseiller au parlement de Bourgogne,cet homme simple et détaché du monde disait à Jésus-Christ dans ses prières : « Pierre, le pre-» mier de vos prêtres, Seigneur, vous demandait de passer sa vie avec vous sur le Tbabor.t Moi, qui suis le dernier de vos ministres, je vous demande de passer la mienne au pied de» votre croix, pour y souffrir et mourir avec vous »
Le cardinal de Richelieu lui avait offert plusieurs bénéfices : il n’en accepta aucun. « Mais au» moins, lui dit ie cardinal, demandez-moi quelque chose que vous puissiez accepter. — Eha bien! lui dit le pauvre prêtre, ordonnez, monseigneur, qu’on mette de meilleures planches>- au tombereau, dans lequel je conduis les malheureux condamnés au supplice, pour que la» crainte de tomber dans la rue ne les enq êclie pas d’écouler les exhortations que je leur fais« dans le trajet de la prison à l’échafaud. »