HOSPITALIÈRES DE LA
Celle congrégation, qu’Helyot appelle hospitalières de Saint-Joseph,fut un des fruits de la réaction religieuse qui vint consoler la Francedes profanations et des malheurs de toute espèce causés par les guerresciviles entre les catholiques et les sectateurs de Calvin, nommés hugue-nots (1). C’est à une femme pieuse de la ville de la Flèche, en Anjou,qu’en revient l’honneur. Elle s’appelait M" c de La Fère, et appartenait àune famille distinguée.
Son premier dessein, approuvé par les directeurs de sa conscience,avait été de se faire religieuse, mais sa mauvaise santé lui faisant craindreque ce genre de vie ne lui conviendrait pas, elle prit le parti de resterdans l’état séculier, et de faire le bien d’une autre manière qu’en s’y obli-geant par des vœux de religion.
Il y avait à la Flèche un hôpital où les pauvres étaient secourus.M lle de La Fère alla y offrir ses services et voulut consacrer sa vie au sou-lagement de ces malheureux. C’était en l’an IG42, peu de temps avant lamort de Louis XIII.
Dans le même temps, une demoiselle de Ribeyre, ancienne fdle d’hon-neur de la princesse de Condé (2), voulut aussi entrer en religion,
(1) J’ai lu quelque part qu’on ne connaissait pas trop l'étymologie du mol huguenot souslequel on désigne en France les prétendus réformés. Je crois qu’il dérive du mot allemandcidgcni'SSj qui signilie confédéré, nom qu’on donna à la ligue helvétique, composée en grandepartie des partisans de Zwingle.
Ainsi les ligueurs et les huguenots auraient formé en France deux ligues opposées l’une àl’autre, l’une composée de catholiques, et l’autre de prétendus reformés.
(2) A celle époque, les princes de Condé étaient les premiers princes du sang On appelaitainsi les princes d’une branche collatérale à la branche régnante, dont les membres étaient lesenfants de France. Le premier prince de ce nom avait été Louis de Bout bon, frère d’Antoinede Ronrbon, père de Henri IV. La maison de Condé a été éteinte de nos jours en la personne
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