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[2] (1845)
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189
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DES ORDRES RELIGIEUX. 189

Lexemple quelle donnait aux personnes qui habitaient la même maisonquelle, toucha la femme du principal "locataire, personne fort peu dévote,qui, étant tombée malade, se convertit daprès les conseils de M rae deCombé, et mourut dune manière très-édifiante.

Voici un fait bien singulier que racontent les historiens de sa vie.

Une vieille femme ayant rencontré M m ° de Combé dans la rue, laregarda fixement et la suivit jusque dans sa chambre. M mo de Combélayant alors invitée à lui dire ce quelle lui voulait. « Hélas! madame,

» lui répondit la vieille femme, je vous reconnais, cest bien vous. Dans» une de mes oraisons, jai vu dernièrement le Sauveur du monde entouié» de plusieurs femmes qui se jetaient à ses pieds, pour lui demander» pardon de leurs fautes, et cest par vous quelles lui étaient présen-» lées. Je vous le répète, je vous reconnais et je fais serment que cest» vous que jai vue. »

M me de Combé fit part de cette rencontre à son confesseur, qui, de soncôté, en parla au curé de Saint-Sulpice. Quelque temps après, une fillede mauvaises mœurs, touchée dun sermon quelle avait entendu sur lim-pureté, alla trouver le prédicateur pour laider à sortir de létat ellese trouvait. Le prédicateur la renvoya au curé de Saint-Sulpice, qui,instruit de la visite quavait reçue M" ,c de Combé, lui adressa cette mal-heureuse pour la fortifier et la diriger dans ses bonnes dispositions. Ellela reçut chez elle, et partagea avec elle son logement. Dautres filles sui-virent celle-ci, et en peu de temps M mc de Combé se trouva avoir chezelle une petite communauté de pénitentes, dont le nombre alla toujoursen augmentant.

On vit alors se développer dans cette pieuse et jeune femme un talentparticulier pour ramener dans le bon chemin les malheureuses qui senétaient écartées. Non contente de les recevoir, elle allait au-devant delles,et les appelait elle-même pour leur épargner les humiliantes confessionsquelles avaient à lui faire.

On conçoit aisément quavec si peu de moyens, M œe de Combé prenaitsur elle un fardeau bien lourd en recevant toutes ces filles. Cependant,comptant sur les secours de la Providence, elle nen refusait aucune, dût-elle aller quêter de porte en porte pour les nourrir.

Le premier secours qui lui vint lui fut apporté par une dame, quidelle-même lui fournit les fonds nécessaires pour louer une maison assez