DES ORDRES RELIGIEUX. 189
L’exemple qu’elle donnait aux personnes qui habitaient la même maisonquelle, toucha la femme du principal "locataire, personne fort peu dévote,qui, étant tombée malade, se convertit d’après les conseils de M rae deCombé, et mourut d’une manière très-édifiante.
Voici un fait bien singulier que racontent les historiens de sa vie.
Une vieille femme ayant rencontré M m ° de Combé dans la rue, laregarda fixement et la suivit jusque dans sa chambre. M mo de Combél’ayant alors invitée à lui dire ce qu’elle lui voulait. « Hélas! madame,
» lui répondit la vieille femme, je vous reconnais, c’est bien vous. Dans» une de mes oraisons, j’ai vu dernièrement le Sauveur du monde entouié» de plusieurs femmes qui se jetaient à ses pieds, pour lui demander» pardon de leurs fautes, et c’est par vous qu’elles lui étaient présen-» lées. Je vous le répète, je vous reconnais et je fais serment que c’est» vous que j’ai vue. »
M me de Combé fit part de cette rencontre à son confesseur, qui, de soncôté, en parla au curé de Saint-Sulpice. Quelque temps après, une fillede mauvaises mœurs, touchée d’un sermon quelle avait entendu sur l’im-pureté, alla trouver le prédicateur pour l’aider à sortir de l’état où ellese trouvait. Le prédicateur la renvoya au curé de Saint-Sulpice, qui,instruit de la visite qu’avait reçue M" ,c de Combé, lui adressa cette mal-heureuse pour la fortifier et la diriger dans ses bonnes dispositions. Ellela reçut chez elle, et partagea avec elle son logement. D’autres filles sui-virent celle-ci, et en peu de temps M mc de Combé se trouva avoir chezelle une petite communauté de pénitentes, dont le nombre alla toujoursen augmentant.
On vit alors se développer dans cette pieuse et jeune femme un talentparticulier pour ramener dans le bon chemin les malheureuses qui s’enétaient écartées. Non contente de les recevoir, elle allait au-devant d’elles,et les appelait elle-même pour leur épargner les humiliantes confessionsquelles avaient à lui faire.
On conçoit aisément qu’avec si peu de moyens, M œe de Combé prenaitsur elle un fardeau bien lourd en recevant toutes ces filles. Cependant,comptant sur les secours de la Providence, elle n’en refusait aucune, dût-elle aller quêter de porte en porte pour les nourrir.
Le premier secours qui lui vint lui fut apporté par une dame, quid’elle-même lui fournit les fonds nécessaires pour louer une maison assez