100
IllSTOlUE 171 COSTI7M17S
spacieuse, rue du Cherelie-Midi, et c’est là que lut établie la commu-nauté du Bon-Pasleur.
Dans cette retraite, an milieu de ses pénitentes, elle travaillait avecelles pour gagner de quoi vivre, et un jour, se trouvant sans aucune res-source, elle courut à Saint-Sulpice se jeter aux pieds d’un autel pourimplorer le secours du ciel dans sa détresse, et en se relevant, elle voitun homme inconnu qui lui met dans la mains une bourse qui contenaitcinquante éens d’or.
Une autre fois, la dame qui jusque-là lui avait'fourni les fonds pourpayer le loyer de sa maison, ayant cessé de faire lace à cette dépense,M"' e de Combé voit entrer chez elle un envoyé de la cour, qui vient luiannoncer que le roi lui donnait une maison, que venait d’abandonnerun gentilhomme huguenot, en se retirant à Genève, eL de pins lui remet-tait une somme de 1,500 livres, pour faire à cette maison les réparationsconvenables.
M" ,e de Combé fut bientôt connue dans tout Paris. Il lui arriva de toutesparts des pénitentes et des secours pour les recevoir. On lui en connais-sait déjà quarante, et en 1688, elle put avoir une chapelle domestiqueet ce qui était nécessaire pour y faire dire la messe. Enfin elle eut jusqu’àsoixante et dix réfugiées.
Mais comme le bien trouve toujours des envieux, la malveillance luisuscita des ennemis qui la décrièrent comme une femme ambitieuse etrevêche, qui maltraitait les filles qui se réfugiaient chez elle, et ne son-geait qu’à amasser de l’argent pour l’emporter en Hollande. Ces Parisiensétaient les ancêtres de ceux qui, un siècle plus tard, accusèrent lamalheureuse Marie-Antoinette d’envoyer les millions de la France à l’em-pereur Joseph, son frère.
Heureusement cet orage fut de courte durée. Les autorités civiles etecclésiastiques prirent sa défense et lui rendirent justice. On trouva mêmeque la manière dont elle gouvernait les filles qui lui étaient soumises,pouvait servir de modèle, et on vint de plusieurs villes, comme d’Or-léans, d’Angers, de Troyes, de Toulouse et d’Amiens, pour copier lesrèglements qui étaient suivis dans son établissement. 11 y avait déjà desrefuges de ce genre dans les villes dont nous venons de parler, et il estétonnant qu’il n’y en eût pas encore dans Paris, où ils étaient plusnécessaires.