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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

lapprouva, et promit de contribuer aux dépenses de cet établissement.

Enfin la paix revint. La reine se déclara elle-même la fondatrice decette œuvre. Un contrat fut signé, et labbé de Saint-Germain-des-Présaccorda à la mère Mechtilde, en 1053, la permission dont elle avaitbesoin pour conserver le saint sacrement dans sa chapelle.

Le jeune roi Louis XIV assista lui-même à lérection de la croix surla porte du monastère, et la mère Mechtilde, nayant encore que cinqreligieuses, commença les exercices de ladoration perpétuelle.

Voici les pratiques auxquelles sobligeaient les religieuses de ce nouvelinstitut :

Lune delles, désignée par le sort, devait être continuellement, jouret nuit, pendant une heure, en adoration devant le saint sacrement.Cétait comme une imitation de la psalmodie perpétuelle des Acemetes.Pendant la grandmesse conventuelle de chaque jour, une religieuse devaitse tenir à genoux au milieu du chœur, une corde au cou et un flambeauà la main, pour faire au saint sacrement amende honorable des sacrilègescommis par les mauvais chrétiens, et elle devait ensuite communier elle-même. Elle passait le reste de la journée dans une retraite profonde ensigne de pénitence, et mangeait seule, après les autres, à une table parti-culière, et en silence.

Au commencement, comme à la fin de chaque exercice, et lorsquellesse rencontraient , elles devaient prononcer les paroles suivantes : Loué etadoré soit le saint sacrement de lautel!

Le jour de la Fête-Dieu, ainsi que tous les jeudis, elles redoublaientde ferveur pour lauguste sacrement auquel elles dévouaient toutes leurspensées.

Le 25 mars, jour de lAnnonciation de la sainte Vierge, était chezelles une grande fête, comme étant lanniversaire de leur établissement,en 1653.

Bien des gens dans le monde trouvèrent à redire à ces pratiques, quilstrouvaient poussées à lexcès et même ridicules. Mais ces bonnes religieusesqui savaient que le Sauveur avait dit à ses disciples : Mundus gaudebit,vos autem conlristabimini, laissèrent au monde ses joies, et se chargèrentde pleurer ses scandales.

Plusieurs évêques voulurent avoir dans leurs diocèses des établissementssemblables; mais comme la maison mère avait besoin dun personnel assez