184
HISTOIRE ET COSTUMES
l’approuva, et promit de contribuer aux dépenses de cet établissement.
Enfin la paix revint. La reine se déclara elle-même la fondatrice decette œuvre. Un contrat fut signé, et l’abbé de Saint-Germain-des-Présaccorda à la mère Mechtilde, en 1053, la permission dont elle avaitbesoin pour conserver le saint sacrement dans sa chapelle.
Le jeune roi Louis XIV assista lui-même à l’érection de la croix surla porte du monastère, et la mère Mechtilde, n’ayant encore que cinqreligieuses, commença les exercices de l’adoration perpétuelle.
Voici les pratiques auxquelles s’obligeaient les religieuses de ce nouvelinstitut :
L’une d’elles, désignée par le sort, devait être continuellement, jouret nuit, pendant une heure, en adoration devant le saint sacrement.C’était comme une imitation de la psalmodie perpétuelle des Acemetes.Pendant la grand’messe conventuelle de chaque jour, une religieuse devaitse tenir à genoux au milieu du chœur, une corde au cou et un flambeauà la main, pour faire au saint sacrement amende honorable des sacrilègescommis par les mauvais chrétiens, et elle devait ensuite communier elle-même. Elle passait le reste de la journée dans une retraite profonde ensigne de pénitence, et mangeait seule, après les autres, à une table parti-culière, et en silence.
Au commencement, comme à la fin de chaque exercice, et lorsqu’ellesse rencontraient , elles devaient prononcer les paroles suivantes : Loué etadoré soit le saint sacrement de l’autel!
Le jour de la Fête-Dieu, ainsi que tous les jeudis, elles redoublaientde ferveur pour l’auguste sacrement auquel elles dévouaient toutes leurspensées.
Le 25 mars, jour de l’Annonciation de la sainte Vierge, était chezelles une grande fête, comme étant l’anniversaire de leur établissement,en 1653.
Bien des gens dans le monde trouvèrent à redire à ces pratiques, qu’ilstrouvaient poussées à l’excès et même ridicules. Mais ces bonnes religieusesqui savaient que le Sauveur avait dit à ses disciples : Mundus gaudebit,vos autem conlristabimini, laissèrent au monde ses joies, et se chargèrentde pleurer ses scandales.
Plusieurs évêques voulurent avoir dans leurs diocèses des établissementssemblables; mais comme la maison mère avait besoin d’un personnel assez