DES ORDRES RELIGIEUX.
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événements ayant permis aux religieuses de Rambervillers de retournerdans leur maison, en Lorraine, les supérieurs obligèrent la mère Mecli-tildc de les suivre, au grand regret des bénédictines de Caen qui avaientsu l’apprécier.
Mais notre respectable supérieure n’était pas encore -au bout de sespeines. La guerre se ralluma dans la Lorraine, et une troupe de soldatsvint enfoncer les portes du couvent de Rambervillers. Les religieusesen furent chassées et obligées de se réfugier de nouveau en France (1).
Paris lui-même n’était pas alors plus tranquille. La mère Mechtilde, eny arrivant avec les quatre plus jeunes de ses religieuses de Rambervillers,y trouva celles de ses anciennes compagnes qui étaient restées à Saint-Maur, et que les troubles de la Fronde avaient obligées de le quitter. A lasuite des barricades que les Parisiens avaient faites dans leur ville, lacherté des vivres y était devenue excessive, et les pauvres religieuses ymanquaient de tout.
Dans ces conjonctures, plusieurs dames pieuses, et, entre autres, unecomtesse de Château-Vieux (2), qui avait connu la mère Mechtildc quandelle demeurait à Saint-Maur, gémissant des scandales et des profanations,suite nécessaire des guerres civiles qui désolaient Paris et les environs,conçut l’idée d’établir une communauté qui, par des prières ferventes etsurtout par une adoration perpétuelle du saint sacrement, tâcherait deréparer ces maux. D’après ce projet, qui fut présenté à la mère Mech-lilde, on lui offrit de faire les fonds nécessaires pour un pareil établisse-ment,, qui la mettrait, elle et ses compagnes, à l’abri de la misère où ellesétaient plongées.
La digne supérieure eut quelque peine à accepter cette proposition;mais enfin elle y consentit. R ne s’agissait plus que d’obtenir la permissiondes autorités civiles et ecclésiastiques. On en parla à la reine mère, qui
(1) Nous avons vu aussi, pendant la révolution de 1789, ces migrations de religieuses setraînant sur les chemins, et portant sur un matelas une d’elles qui était malade; d’autresescortant une charrette chargée de quelques effets, et marchant pieds nus dans la houe, aumois d’octobre, tandis que leurs sœurs, restées en France, étaient emprisonnées, ou mouraientsur les échafauds révolutionnaires.
(2) En 1791, un régiment suisse, du nom de Château-Vieux, s’étant révolté contre ses officiersà Nancy, où il était en garnison , périt presque tout entier dans le combat engagé pour lesoumettre; ce qui en resta fut condamné aux galères. Deux ans après, la Convention rappelaces misérables, et leur donna une fête brillante à Paris.