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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

pays, lui ayant enlevé plusieurs de ses religieuses, elle se réfugia de nou-veau avec celles qui lui restaient à Sainl-Dié, chez son père, elle restapeu de temps, ayant été invitée par les bénédictines de Rambervillers àvenir sétablir chez elles avec sa communauté. Elle y prit, l'habit et adoptalinstitut de ces bénédictines, en 1659, sous le nom de sœur Meclitililedu Saint-Sacrement.

Celte dernière communauté fut, à son tour, obligée de se réfugier, en1040, à Saint-Mihiel.

Cest que les religieuses lorraines reçurent les secours que leurenvoyait saint Vincent de Paul par les mains des prêtres de la mission,qui, à leur retour à Paris, firent à labbesse de Montmartre (I) une pein-ture effrayante de létat malheureux se trouvaient les religieuses réfu-giées à Saint-Mihiel, et lengagèrent à offrir un asile dans son monastèreà la mère Mcchtilde, qui laccepta. Mais dans ce changement de position,elle ne pouvait pas oublier quelle avait laissé ses compagnes en proie àune affreuse détresse; ce souvenir la poursuivait sans cesse et ses larmescoulaient malgré elle.

Un jour que labbesse de Montmartre la trouva plus triste quà lordi-naire, elle lui en demanda la raison.® Ilélas! ma bonne dame, lui répondit» Mechtilde, puis-je oublier que jai laissé à Saint-Mihiel mes compagnes» dans le dernier dénûment, taudis que, grâce à vos bontés, rien ne» me manque ici? Eli bien! lui répondit labbesse, faites-les venir,» et nous lâcherons de les recevoir. » Mais à peine furent-elles arrivées àParis, quune dame charitable leur offrit, pour les loger, une maisonquelle avait à Saint-Maur, à deux lieues de, elles se retirèrenttoutes ayant pour supérieure la mère Mechtilde.

Une dame de Paris, la marquise de Mouy, venait de fonder à Caen unmonastère de bénédictines, et ayant eu loccasion de connaître la mèreMechtilde, elle ne crut pas pouvoir mieux faire que de lui offrir den êtrela supérieure. Il en coûtait beaucoup à cette dernière de quitter les com-pagnes de son exil, dont elle soutenait le courage. Cependant elle se décidaà aller à Caen,, quoique étrangère, elle se comporta de telle manièrequelle gagna les cœurs de toute sa nouvelle communauté. Cependant les

(I) Celte aldiesse était Marie de ISeauvilliers, iille du duc de Sainl-Agnan. Mlle réformacelle abbaye quelle gouverna pendant soixante ans jusquà sa mort, arrivée en I65~.