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HISTOIRE ET COSTUMES
pays, lui ayant enlevé plusieurs de ses religieuses, elle se réfugia de nou-veau avec celles qui lui restaient à Sainl-Dié, chez son père, où elle restapeu de temps, ayant été invitée par les bénédictines de Rambervillers àvenir s’établir chez elles avec sa communauté. Elle y prit, l'habit et adoptal’institut de ces bénédictines, en 1659, sous le nom de sœur Meclitililedu Saint-Sacrement.
Celte dernière communauté fut, à son tour, obligée de se réfugier, en1040, à Saint-Mihiel.
C’est là que les religieuses lorraines reçurent les secours que leurenvoyait saint Vincent de Paul par les mains des prêtres de la mission,qui, à leur retour à Paris, firent à l’abbesse de Montmartre (I) une pein-ture effrayante de l’état malheureux où se trouvaient les religieuses réfu-giées à Saint-Mihiel, et l’engagèrent à offrir un asile dans son monastèreà la mère Mcchtilde, qui l’accepta. Mais dans ce changement de position,elle ne pouvait pas oublier quelle avait laissé ses compagnes en proie àune affreuse détresse; ce souvenir la poursuivait sans cesse et ses larmescoulaient malgré elle.
Un jour que l’abbesse de Montmartre la trouva plus triste qu’à l’ordi-naire, elle lui en demanda la raison.® Ilélas! ma bonne dame, lui répondit» Mechtilde, puis-je oublier que j’ai laissé à Saint-Mihiel mes compagnes» dans le dernier dénûment, taudis que, grâce à vos bontés, rien ne» me manque ici?— Eli bien! lui répondit l’abbesse, faites-les venir,» et nous lâcherons de les recevoir. » Mais à peine furent-elles arrivées àParis, qu’une dame charitable leur offrit, pour les loger, une maisonquelle avait à Saint-Maur, à deux lieues de là, où elles se retirèrenttoutes ayant pour supérieure la mère Mechtilde.
Une dame de Paris, la marquise de Mouy, venait de fonder à Caen unmonastère de bénédictines, et ayant eu l’occasion de connaître la mèreMechtilde, elle ne crut pas pouvoir mieux faire que de lui offrir d’en êtrela supérieure. Il en coûtait beaucoup à cette dernière de quitter les com-pagnes de son exil, dont elle soutenait le courage. Cependant elle se décidaà aller à Caen, où, quoique étrangère, elle se comporta de telle manièrequ’elle gagna les cœurs de toute sa nouvelle communauté. Cependant les
(I) Celte aldiesse était Marie de ISeauvilliers, iille du duc de Sainl-Agnan. Mlle réformacelle abbaye qu’elle gouverna pendant soixante ans jusqu’à sa mort, arrivée en I65~.