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DES ORDRES RELIGIEUX. 179
Le général n’était nommé que pour trois ans, mais pouvait être conti-nué. Le P. Faure le fut trois fois de suite, et il voulut, par humilité,servir lui-même ses confrères à table, au réfectoire.
Les fatigues que lui causaient les voyages qu’il avait à faire, pour visi-ter les maisons de sa congrégation, l’épuisèrent, et un jour il fut pris dela fièvre à Nanterre. Le cardinal de La Rochefoucault lui envoya sa voi-ture pour le ramener à Paris. Il s’alita, et sa maladie faisant des pro-grès, il demanda les derniers secours de la religion, et mourut à cinquanteans, en 1044. Sa congrégation avait alors cinquante maisons. Il futenterré à Sainte-Geneviève, mais son cœur fut porté à Saint-Vincent deSenlis.
La congrégation de France s’étendit beaucoup après la mort de sonfondateur, et compta plus de cent établissements. Les génovéfains des-servaient des cures, des hôpitaux et dirigeaient aussi des séminaires.L’abbaye de Saint-Acheul, aux portes d’Amiens, et celle de Saint-Marlin-aux-Jumeaux, dans l’intérieur de la même ville, appartenaient aux géno-véfains. Deux chanoines de la cathédrale étaient toujours pris dans l’uneet l’autre de ces deux abbayes. On les appelait les chanoines blancs, àcause de leur costume, qui consistait en une soutane blanche, une aumussenoire en été, et le camail à bord noir en hiver avec le rochet à manchessous le surplis. Une fois nommés par leur abbé, ils quittaient le monas-tère pour se loger en particulier comme les autres chanoines, et ils fai-saient la semaine à leur tour. .
Le curé de Saint-Étienne-du-Mont, à Paris, était toujours un moine deSainte-Geneviève. Le jour de la Fête-Dieu, l’abbé de Sainte-Genevièveportait le saint sacrement à la procession, à la tête de la communauté,à laquelle se joignait le clergé de la paroisse. Le curé se réunissait auxchanoines réguliers, ses confrères, mais son bedeau à son côté pour sefaire distinguer. Aucune bénédiction ne se donnait pendant la procession,à cause d’un procès toujours pendant entre l’abbé et le curé, pour savoirà qui des deux appartenait le droit de la donner. Le litige n’étant pasjugé, l’absence de bénédiction en était la conséquence.
Le chancelier de l’ancienne université de Paris était aussi un moinede Sainte-Geneviève, et comme tel c’était lui qui examinait les élèves enphilosophie qui demandaient le grade de maître ès arts. Ce chancelierétait ordinairement un savant du premier ordre. A l’époque où je passai