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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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malades, pour les enfants trouvés, de diriger, dans leurs travaux, les mis-sionnaires de sa compagnie dans les différentes contrées, il les envoyait;dautres besoins occupaient sa pensée.

La Lorraine, malheureuse principauté, située alors entre la France etlAllemagne, était depuis longtemps le théâtre dune guerre qui duraitdepuis trente ans. Les armées y avaient tout détruit, et la misère y étaità son comble. Des familles entières y périssaient de besoin. Les ravagesde toute espèce, les crimes impunis en rendaient le séjour insupportable.On y voyait des horreurs pareilles à celles qui avaient signalé le siège deJérusalem par Titus. Les prêtres de la mission se réduisirent, à Paris, auplus strict nécessaire, pour avoir de quoi secourir les malheureux Lorrains.On vit alors ce que peut le courage soutenu par la providence divine. Unfrère lazariste, homme adroit et prudent, fit plusieurs voyages en Lor-raine, à pied, traversant les armées et chargé de sommes considérablespour assister les nécessiteux. Il eut le bonheur, grâce à son intelligence,de nêtre jamais dépouillé, ni par les voleurs, qui infestaient toutes lesroutes, ni par les soldats pillards.

On trouve, dans la vie de saint Vincent de Paul, par Abelli, un trait fortsingulier. Il avait envoyé dans les pays barharesques deux de ses mission-naires. Un deux devient malade et se trouve à toute extrémité dans unmoment un vaisseau allait partir pour la France. Le compagnon dumalade, le regardant déjà comme perdu, écrit à la hâte à son général queson confrère est mort, et remet la lettre au capitaine du navire. Mais letemps ayant changé, le départ du vaisseau fut différé dun jour.

Pendant cet intervalle, le lazariste malade revint à lui et fut sauvé,tandis que son compagnon fut emporté par une mort subite. Le survivant,ignorant que le défunt avait écrit à son sujet, écrit à son tour pourannoncer la mort (qui était réelle) de son confrère, et remet sa lettre au'capitaine du vaisseau qui nétait pas encore parti; de manière que saintVincent reçut, par la même occasion et en même temps, deux lettres deses deux prêtres, qui lui annonçaient la mort lun de lautre, sous lamême date.

Labbé, depuis cardinal Mauri (1), a fait le panégyrique de saint

(I) Labbé Mauri, quoique Avignonnais, voulant se faire élire député aux élats généraux,en 1789, se présenta au bailliage de Péronne il avait un bénéfice, mais tous les curés de