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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

charité : les fous des Petites-Maisons, les galériens de Marseille, les ma-lades à domicile, dans les hôpitaux, léducation des jeunes fdles, tout estde leur ressort, et elles ne font faute à aucun acte de bienfaisance.

Un autre bienfait que la France doit au zèle de saint Vincent de Paul,cest linstitut des filles de la Providence. Cest encore une femme pieusequi en a conçu le projet, et la exécuté avec laide de notre saint prêtre.

Cette femme, nommée Marie de Lumague, née à Paris en 1599, dunefamille honorable, avait épousé, à lage de dix-huit ans, François Pollalion,résident de France à Raguse, dont elle eut un fds et se trouva veuve detrès-bonne heure. Peu de temps après, elle fut nommée dame dhonneurde la duchesse dOrléans, et chargée de léducation des fdles de cetteprincesse.

Cet objet rempli, M me Pollalion, qui navait jamais eu de goût que pourles choses religieuses, ayant fait la connaissance du vénérable Vincent dePaul, concerta avec lui la fondation dun institut destiné spécialement àlinstruction des jeunes fdles, institut qui fut nommé des filles de laProvidence.

Larchevêque de Paris, François de Gondi, chargea notre saint dexa-miner les fdles qui se présenteraient pour former cette nouvelle associa-tion, dont le nombre fut fixé dabord à trente-trois, qui devaient êtreréparties dans les villages à portée de Paris. Il commença par en choisirsept, en qui il remarqua les meilleures dispositions, et il leur donna desinstructions adaptées aux vues quon avait sur elles. Ce fut le noyaudu nouvel institut.

M me Pollalion avait épuisé toute sa fortune par les frais quil lui fallutfaire pour loger et nourrir les pauvres fdles quelle admit. Heureusementlarchevêque de Paris et la reine Anne dAutriche vinrent à son secours,lun en se déclarant le protecteur de lœuvre, et la reine en leur procurantune maison dans le faubourg Saint-Marceau.

La fondatrice ajouta à cet établissement celui dune autre maison àParis, pour y recueillir les nouvelles converties et les maintenir dans lavraie foi. Le maréchal de Turenne fit de grandes largesses à cette maison,pour remercier Dieu davoir lui-même renoncé à lhérésie. La respectableinstitutrice mourut en odeur de sainteté, à lâge cinquante-huit ans,entre les bras de ses religieuses fdles, à Paris.

Ce nétait pas assez pour Vincent de fonder des hôpitaux pour les