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HISTOIRE ET COSTUMES
charité : les fous des Petites-Maisons, les galériens de Marseille, les ma-lades à domicile, dans les hôpitaux, l’éducation des jeunes fdles, tout estde leur ressort, et elles ne font faute à aucun acte de bienfaisance.
Un autre bienfait que la France doit au zèle de saint Vincent de Paul,c’est l’institut des filles de la Providence. C’est encore une femme pieusequi en a conçu le projet, et l’a exécuté avec l’aide de notre saint prêtre.
Cette femme, nommée Marie de Lumague, née à Paris en 1599, d’unefamille honorable, avait épousé, à lage de dix-huit ans, François Pollalion,résident de France à Raguse, dont elle eut un fds et se trouva veuve detrès-bonne heure. Peu de temps après, elle fut nommée dame d’honneurde la duchesse d’Orléans, et chargée de l’éducation des fdles de cetteprincesse.
Cet objet rempli, M me Pollalion, qui n’avait jamais eu de goût que pourles choses religieuses, ayant fait la connaissance du vénérable Vincent dePaul, concerta avec lui la fondation d’un institut destiné spécialement àl’instruction des jeunes fdles, institut qui fut nommé des filles de laProvidence.
L’archevêque de Paris, François de Gondi, chargea notre saint d’exa-miner les fdles qui se présenteraient pour former cette nouvelle associa-tion, dont le nombre fut fixé d’abord à trente-trois, qui devaient êtreréparties dans les villages à portée de Paris. Il commença par en choisirsept, en qui il remarqua les meilleures dispositions, et il leur donna desinstructions adaptées aux vues qu’on avait sur elles. Ce fut là le noyaudu nouvel institut.
M me Pollalion avait épuisé toute sa fortune par les frais qu’il lui fallutfaire pour loger et nourrir les pauvres fdles quelle admit. Heureusementl’archevêque de Paris et la reine Anne d’Autriche vinrent à son secours,l’un en se déclarant le protecteur de l’œuvre, et la reine en leur procurantune maison dans le faubourg Saint-Marceau.
La fondatrice ajouta à cet établissement celui d’une autre maison àParis, pour y recueillir les nouvelles converties et les maintenir dans lavraie foi. Le maréchal de Turenne fit de grandes largesses à cette maison,pour remercier Dieu d’avoir lui-même renoncé à l’hérésie. La respectableinstitutrice mourut en odeur de sainteté, à l’âge dé cinquante-huit ans,entre les bras de ses religieuses fdles, à Paris.
Ce n’était pas assez pour Vincent de fonder des hôpitaux pour les