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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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cicuses filles, auxquelles on confiait presque tous les hôpitaux de Paris,même ceux lon relcnait les aliénés.

Épuisée par tant de fatigues, M mc Le Gras, après les services signalésquelle venait de rendre aux malheureux, mourut le 15 mars 1GG2.

Son corps fut exposé pendant deux jours à la vénération publique.

Peu dinstituts se sont étendus autant que celui des sœurs de la cha-rité, ou autrement de Saint-Vincent. Cest en France surtout quon envoit le plus, non-seulement dans les villes, mais même dans les villages.Presque partout elles joignent linstruction chrétienne des jeunes fillesaux soins des malades. Elles coûtent peu aux communes elles setrouvent. Un logement et une faible pension suffisent à leurs besoins.

Les philosophes mêmes, si peu partisans des vocations religieuses, nepeuvent sempêcher dadmirer cette institution. « Peut-être, dit Voltaire,» nest-il rien de plus grand sur la terre que le sacrifice que fait un sexe» délicat, de la beauté et de la jeunesse, souvent de la haute naissance,» pour soulager dans les hôpitaux ce ramas de toutes les misères hu-» maines, dont la vue est si humiliante'pour notre orgueil et si révoltante» pour notre délicatesse. »

Croirait-on que ces filles, dignes de tous les respects, ont été insultéesde la manière la plus outrageante par les révolutionnaires français,en 1791, parce quelles ne voulaient pas assister aux messes des prêtresschismatiques, que les philosophes avaient pris sous leur protection.« Ces infortunées filles (dit Burke au parlement dAngleterre, le G juin de» cette année), consacrées aux devoirs les plus sublimes de la religion et» de lhumanité souffrante, ont été traînées dans les rues et frappées de» verges par les souverains de la nation française; et cela parce que le» prêtre dont elles avaient reçu la communion ne sétait pas soumis au» lest. Cette insulte faite aux mœurs, qui aurait trouvé des vengeurs» dans lés pays les plus barbares, na été ni punie ni même censurée. »

Ce qui était plus singulier à cette époque, cest que les gens qui aupa-ravant nallaient jamais à la messe, et qui étaient forts pour la liberté descultes, trouvaient mauvais quon nassistât pas aux messes des prêtresqui étaient de leur bord. Cétait bien le cas de leur dire : Mcnlila est ini-quilas sibi. Quand on faisait rapport de ces violences à lAssemblée con-stituante, elle passait froidement à lordre du jour.

Toutes les bonnes œuvres en général sont confiées aux sœurs de la