Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
Seite
166
Einzelbild herunterladen
 

166

HISTOIRE ET COSTUMES

tinage, ou nés de parents pauvres et dénaturés, périssaient abandonnés àla pitié publique. Il conçut le projet de fonder un hôpital pour recueillirces petits infortunés. Il avait déjà établi des confréries de dames pieuses,dont les unes se chargeaient des pauvres de leur paroisse; dautres, din-struire les jeunes fdles. Il y en avait aussi qui allaient dans les hôpitauxet même à lHôtel-Dieu soigner les malades. Déjà, avec le concours deces pieuses dames, il avait contribué à la fondation des hôpitaux de laPitié, de Bicêtre et de la Salpêtrière. Il proposa donc aux personnes quicomposaient ces confréries de fonder un établissement pour les enfantstrouvés. Mais comment exécuter un pareil projet? en trouver lesfonds? Vincent réunit un jour toutes les dames qui soccupaient dœuvresde charité, et il fut si éloquent, en leur dépeignant la misère de cesenfants, que toutes, fondant en larmes, sécrièrent quau lieu de lesabandonner, elles feraient les derniers efforts pour venir à leur secours,comptant sur lappui de la Providence. Elles se cotisèrent pour faire lespremiers fonds de lentreprise. De son côté, la reine Anne dAutricheobtint du roi 12,000 livres. Dautres secours vinrent ensuite, et enfin onvit sélever sur la place de Notre-Dame un vaste bâtiment destiné à ren-fermer dix mille de ces enfants.

Une réflexion se présente ici :

Sur cette même place de Notre-Dame, en face lun de lautre, semontrent deux grands établissements, dun côté lHôtel-Dieu, de lautrelhôpilal des Enfants-lrouvés. Paris les doit à deux ministres de lÉglise,lévêque saint Landri et le prêtre saint Vincent. Quelle a été la récom-pense de ce double bienfait? Le pillage de Saint-Lazare en 1789, etcelui de larchevêché en 1831.

Il ne manquait que des religieuses pour avoir soin de ces enfants.Vincent y pourvut par la fondation des sœurs de la charité dont nousparlerons au chapitre suivant, nous rappellerons les autres services .rendus à la religion par ce grand homme de bien.

Ce saint personnage, qui sur la terre paraissait être le bras de la Pro-vidence, jouissait à la ville et à la cour de la plus haute vénération. Il futchoisi pour assister Louis XIII dans ses derniers moments, et quand leroi fut mort, la reine régente, Anne dAutriche, mère de Louis XIV,nomma notre saint membre du conseil de régence, et le consulta danstout ce qui concernait les affaires ecclésiastiques.