DES OH DUES RELIGIEUX.
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pour les loger; de leur côté, le comte et la comtesse de Joigni leur four-nirent les fonds nécessaires à leur établissement.
La première bonne œuvre qu’entreprit Vincent de Paul, en rentrantdans l’hôtel de Gondi, fut la visite qu’il fit des galériens détenus dansplusieurs prisons de Paris. Il obtint qu’ils fussent tous réunis dans unemême maison, où il allait les instruire, les consoler et pourvoir à leursbesoins spirituels et corporels. Le bon effet que cette mesure produisit surces malheureux, frappa tellement le général des galères, qu’il en parla auroi Louis XIII, en lui annonçant combien Vincent était propre à opérerune révolution heureuse dans cette partie du service. En conséquence, leroi, par une ordonnance, nomma Vincent de Paul aumônier général detoutes les galères de France.
En sa nouvelle qualité, notre saint alla à Marseille visiter les forçats quiy étaient détenus, leur procura les mêmes consolations qu’il avait donnéesà ceux de Paris. C’est lui qui donna l’idée de fonder dans cette ville unhôpital pour les galériens, que Louis XIV, en 1658, dota d’un revenuannuel de 12,000 livres avec trois cents lits, et tout ce qu’il fallait pourpourvoir aux besoins de ces malheureux.
M. de Gondi étant mort en 1625, Vincent quitta son hôtel, et allademeurer avec ses compagnons au collège des Bons-Enfants. Louis XIIIautorisa la nouvelle communauté par lettres patentes de 1627, et troisans après, Urbain VIII l’érigea en congrégation, sous le nom de Prêtresde la mission. En 1658, l’instituteur en rédigea les constitutions. Maisdans la suite les chanoines réguliers de Saint-Victor leur ayant cédé leurprieuré de Saint-Lazare, aux portes de Paris, ils quittèrent leur collègedes Bons-Enfants pour s’y établir, et prirent alors le nom de Lazaristes,sous lequel ils sont connus.
Ces missionnaires ne sont pas des religieux : ils ne font que des vœuxsimples. Us s’engagent à travailler à la conversion des peuples, surtoutde ceux des campagnes, à former dans les séminaires les jeunes clercs auxfonctions ecclésiastiques, et à confesser, comme les prêt,res séculiers, ceuxqui s’adresseront à eux.
Quand Vincent de Paul n’aurait d’autre titre que celui de fondateurdes prêtres de la mission, ce titre suffirait pour sa gloire. Mais il ne seborna point à cette bonne œuvre : son zèle le porta plus loin.
Tl voyait avec peine combien de malheureux enfants, fruits du liber-