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[2] (1845)
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lUSTOIliE ET COSTUMES

abordèrent à Aigues-Mortes, d ils se rendirent à Avignon. Le renégaty fit abjuration du mahométisme entre les mains du légat, et de partitpour Rome avec son compagnon de voyage. Il finit par entrer dans la con-grégation des hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu.

Quant à Vincent, il se rendit à Paris, les frères de la même congré-gation tenaient lhôpital de la Charité au faubourg Saint-Germain, et il yallait servir et consoler les malades. Il avait passé à peu près deux ansdans lesclavage chez les barbaresques.

Le premier poste quil occupa à Paris, fut celui daumônier ordinairede la reine Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, personnepieuse à laquelle il fut recommandé. Ayant eu occasion de faire la con-naissance de M. de Bérulle, instituteur de la congrégation de lOratoire,celui-ci lui proposa la cure de Clichy, à une lieue de Paris : il lacceptaet y fit beaucoup de bien. Mais peu de temps après, il la quitta pourentrer chez Emmanuel de Gondi, comte de Joigni, général des galèresde France, en qualité de précepteur de ses enfants. Ils étaient trois, dontun fut le fameux cardinal de Retz, qui joua un rôle si singulier pendantles troubles de la Fronde.

Le général des galères était un seigneur distingué. Deux de ses frèresoccupèrent le trône épiscopal de Paris, lun comme le dernier évêque, etlautre comme le premier archevêque de cette ville. Il tenait un grand étatde maison, et notre saint avait la confiance entière des parents de ses troisélèves. Cependant le grand luxe au milieu duquel il vivait, nétait pas dansses goûts. Il en parla à M. de Bérulle, qui lui offrit une nouvelle cure,il pourrait faire plus de bien que dans la maison dun grand seigneur.Cétait la cure de Châtillon-lès-Dombes, dans la Bresse. Il quitta donc lhôtelde Gondi, et sétant associé un prêtre vertueux, il alla avec lui sétablir àChâtillon, il entreprit de convertir un grand nombre de huguenotsqui habitaient ce pays. Il y réussit au delà de ses souhaits, et ramena à lavérité ce peuple livré jusqualors à la plus profonde ignorance.

Cependant la comtesse de Joigni regrettait son abbé qui avait été ledirecteur de sa conscience. Pour le rappeler à Paris, elle proposa à sonmari et à son beau-frère larchevêque de cette ville, dy établir une com-pagnie de missionnaires qui se dévoueraient à linstruction des habitantsde la campagne, et dont le*chef serait Vincent de Paul. Ce projet plut àlarchevêque, qui donna à ces missionnaires le collège des Bons-Enfants