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lUSTOIliE ET COSTUMES
abordèrent à Aigues-Mortes, d’où ils se rendirent à Avignon. Le renégaty fit abjuration du mahométisme entre les mains du légat, et de là partitpour Rome avec son compagnon de voyage. Il finit par entrer dans la con-grégation des hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu.
Quant à Vincent, il se rendit à Paris, où les frères de la même congré-gation tenaient l’hôpital de la Charité au faubourg Saint-Germain, et il yallait servir et consoler les malades. Il avait passé à peu près deux ansdans l’esclavage chez les barbaresques.
Le premier poste qu’il occupa à Paris, fut celui d’aumônier ordinairede la reine Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, personnepieuse à laquelle il fut recommandé. Ayant eu occasion de faire la con-naissance de M. de Bérulle, instituteur de la congrégation de l’Oratoire,celui-ci lui proposa la cure de Clichy, à une lieue de Paris : il l’acceptaet y fit beaucoup de bien. Mais peu de temps après, il la quitta pourentrer chez Emmanuel de Gondi, comte de Joigni, général des galèresde France, en qualité de précepteur de ses enfants. Ils étaient trois, dontun fut le fameux cardinal de Retz, qui joua un rôle si singulier pendantles troubles de la Fronde.
Le général des galères était un seigneur distingué. Deux de ses frèresoccupèrent le trône épiscopal de Paris, l’un comme le dernier évêque, etl’autre comme le premier archevêque de cette ville. Il tenait un grand étatde maison, et notre saint avait la confiance entière des parents de ses troisélèves. Cependant le grand luxe au milieu duquel il vivait, n’était pas dansses goûts. Il en parla à M. de Bérulle, qui lui offrit une nouvelle cure, oùil pourrait faire plus de bien que dans la maison d’un grand seigneur.C’était la cure de Châtillon-lès-Dombes, dans la Bresse. Il quitta donc l’hôtelde Gondi, et s’étant associé un prêtre vertueux, il alla avec lui s’établir àChâtillon, où il entreprit de convertir un grand nombre de huguenotsqui habitaient ce pays. Il y réussit au delà de ses souhaits, et ramena à lavérité ce peuple livré jusqu’alors à la plus profonde ignorance.
Cependant la comtesse de Joigni regrettait son abbé qui avait été ledirecteur de sa conscience. Pour le rappeler à Paris, elle proposa à sonmari et à son beau-frère l’archevêque de cette ville, d’y établir une com-pagnie de missionnaires qui se dévoueraient à l’instruction des habitantsde la campagne, et dont le*chef serait Vincent de Paul. Ce projet plut àl’archevêque, qui donna à ces missionnaires le collège des Bons-Enfants