HISTOIRE ET COSTUMES
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et quand la mort les surprenait dans le cours de leurs travaux, ils lais-saient à leurs survivants le soin de les achever, comme le soldat Trappesur le champ de bataille laisse à ses camarades celui d’assurer la victoire.
On ne les voyait pas s’occuper de futiles ouvrages bons pour amuserles oisifs, de poésies légères ou d’œuvres badines. C’était l’histoire del’Église, celle des nations puisée dans les vieilles annales et tirée du fonddes bibliothèques poudreuses, qui absorbait tous leurs moments, et cesera toujours dans les in-folio que nous ont laissés les bénédictins, quel’on trouvera les documents les plus sûrs pour éclaircir les ténèbres del’histoire.
Une vaste érudition, une excellente critique, recommandent les ouvragesdes savants bénédictins, et aucune académie n’a jamais offert des écrivainssi laborieux, ni si judicieux (1).
C’était à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, que travaillaient ces infati-gables religieux, et cette même maison, si longtemps le sanctuaire desvertus et des utiles travaux, fut pendant la révolution un théâtre de mas-sacres et d’horreurs, en septembre 1792.
Les bénédictins de Saint-Maur, outre leurs écrivains, avaient encore
(1) Nous donnerons ici line notice des ouvrages les plus estimés qu’ont laissés les principauxécrivains de la congrégation de Saint-Maur :
D. Monllaucon, édition de saint Alhanasc, 3 vol.;
D. Mabillon, idem de saint Bernard, 2 vol.;
D. lluinarl, idem de Grégoire de Tours, et actes des martyrs;
D. Thuillier a complété les actes du précédent ;
D. Massuet, édition de saint Irénée;
1). Martianay, idem de saint Jérôme, 5 vol.;
D. De Sainte-Marthe, idem de saint Grégoire;
D. Martene, 25 volumes d’œuvres diverses ;
D. Luc d’Acheri, Spicilege, 15 vol ;
D. Lami, oeuvres diverses ;
D. Félibien, Histoire de Paris et de l’abbaye de Saint-Denys.
En vertu de leur vœu d’obéissance, les bénédictins de Saint-Maur, par l’ordre de leurssupérieurs, allaient de ville en ville par toute la France, et môme dans les pays voisins, con-sulter les archives, visiter lés bibliothèques publiques et particulières, copier des inscriptionset des épitaphes, pour recueillir le plus possible de documents historiques. Nous avons deuxvolumes d’un voyage très-curieux, fait au commencement du siècle dernier, par deux moinesde Marmoutier, en France, dans les Pays Bas et l’Allemagne, où ils exposent eux-mômes, dansune préface, quel but ils se proposaient, « Dieu, disent-ils, nous a donné beaucoup d’amour» pour le travail et un grand 7.èle pour toute entreprise lorsqu’il s’agit de rendre service à» l'Église et à l’Étal, et de contribuer de notre part à l’utilité publique. »