DES ORDRES RELIGIEUX.
I i)ô
France, où la congrégation de Sainl-Maur composa six provinces (1).
Presque toutes ces abbayes étaient, en commende; mais celle de Saint-Augustin, à Limoges, eut le privilège de rester régulière, en mémoire dece quelle était la première en France qui avait embrassé la réforme.
À l’imitation de ce qui s’était passé en France, plusieurs abbayes desPays-Bas, comme Saint-Hubert en Àrdenne, Saint-Denys, près de Mons,Afiligbem, etc., s’étaient d’abord réunies à la congrégation de Saint-Vanne,mais ensuite elles formèrent une congrégation particulière sous le nomde Saint-Placide, qui avait été, ainsi que saint Maur, un des premiersdisciples du grand saint Benoît.
B y eut une différence notable entre l’esprit qui anima les réformes deCîteaux et celle de l’ordre primitif de Saint-Benoît. Les cisterciens réfor-més, comme nous le verrons en parlant des trappistes, se dévouèrent auxtravaux et aux fatigues du corps. Nous le voyons aujourd'hui en Franceet en Algérie, où les trappistes ne sont admis que comme travailleurs,pour tenir des fermes-modèles, comme l’ont fait leurs devanciers àMolesme et à Cîteaux.
Les réformés des congrégations de Saint-Vanne et de Saint-Maur, aucontraire, ont préféré les travaux de l’esprit à ceux du corps. Aucunecongrégation n’a montré au monde une réunion de savants et d’écrivainsinfatigables comme ceux qu’a offerts la congrégation de Saint-Maur.
Quel lustre n’ont pas jeté sur elle les PP. Montfaucon, Mabillon, Rui-nart, Martene, Luc d’Acheri et tant d’autres par les importants ouvragesdont ils ont enrichi la république des lettres, pendant le premier sièclede son existence! C’est à eux que nous devons les précieuses éditions desPères de l’Église, tant grecs que latins.
Ces pieux cénobites, modestes, libres de toute ambition, vivaient tran-quilles au milieu de leurs livres, appliqués à l’étude, mettant en communleur patience, leur sagacité, pour exécuter des ouvrages de longue baleine,
(1) Les abbayes que nous venons de nommer, et d’autres encore, ont été fondées comme suit :Saint-Denys, par Dagobert I er , au septième siècle;
Saint Germain des-Prés, par Cbildebert, (ils de Clovis, au sixième siècle ;
Fécamp, par Richard, duc de Normandie;
Marmoulier, par saint Martin, évêque de Tours;
Corbie, par sainte Bathilde, reine de France, au septième siècle;
Saint-Benigne, à Dijon, par Grégoire, évêque de Langres, vers î>00;
Sainte-Trinité, à Vendôme, par Geolfroi, comte d’Anjou, en 10-12, etc.
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