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religieux revinrent de leur entêtement, et vers l’an 1577, la bonne odeurde ses vertus se ré^ ‘ au loin, il lui vint un grand nombre de sujetsqui demandèrent à être admis sous sa discipline.
On est effrayé de la rigueur du régime que D. Jean de la Barrièreimposa à ses disciples, et dont il leur donnait lui-même l’exemple. Ilsallaient nu-pieds, sans sandales, la tête nue, couchaient sur des plancheset mangeaient à genoux dans de la vaisselle de terre. Ils n’avaient pouraliments que des légumes cuits à l’eau avec du pain de son d’orge, sansjamais faire usage de vin, de poisson, d'œufs, de beurre, d’huile etmême de sel. Les animaux mêmes étaient dégoûtés de ce dont les moinesfaisaient leur nourriture.
Du reste, ils travaillaient tous à différents métiers pour vivre, lesrevenus du monastère n’y suffisant pas.
Il va sans dire que les moines de Cîleaux ne manquèrent pas de serécrier contre un genre de vie si dur, et qu’ils firent tous leurs effortspour s’opposer aux succès de celle réforme, qui les condamnait eux-mêmes.
1). Jean de la Barrière s’adressa au pape Sixte V, qui approuva soninstitut par une bulle de l’an 1580, et défendit aux moines de Liteauxd’inquiéter ceux de Feuillans, qui étaient au nombre de cent quarantereligieux, à qui il permit de former de nouveaux établissements, tantpour hommes que pour femmes. Il demanda même au fondateur dessujets pour en établir une maison à Rome.
Henri III, roi de France, voulut aussi avoir, à Paris, un monastère decelte nouvelle congrégation. Jean de la Barrière lui envoya soixante reli-gieux, qui vinrent de Feuillans à Paris, à pieds nus, tout en chantant despsaumes le long de la route, et escortés par cinquante cuirassiers. Le roialla lui-même à leur rencontre jusqu’à Charenlon, et, à la vue du mo-narque, ils se prosternèrent à terre pour recevoir la bénédiction du car-dinal de Bourbon qui l’accompagnait. Ils restèrent en ce lieu jusqu’à ceque le couvent que le roi leur faisait bâtir, à Paris, dans la rue Saint-Honoré, fût prêt à les recevoir; ce qui eut lieu le 8 septembre 1588.
Le couvent dès feuillants, comme celui des jacobins, eut dans la révo-lution française une triste célébrité. Les paisibles demeures qu’avaienthabitées les enfants de saint Dominique et du respectable abbé de la Bar-rière se trouvèrent métamorphosées en clubs, l’un des jacobins, l’autre desfeuillants. Le premier était l’antre où rugissaient les bêtes féroces qui