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[2] (1845)
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DES OHDliES llEUGIEliX.

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religieux revinrent de leur entêtement, et vers lan 1577, la bonne odeurde ses vertus se^ au loin, il lui vint un grand nombre de sujetsqui demandèrent à être admis sous sa discipline.

On est effrayé de la rigueur du régime que D. Jean de la Barrièreimposa à ses disciples, et dont il leur donnait lui-même lexemple. Ilsallaient nu-pieds, sans sandales, la tête nue, couchaient sur des plancheset mangeaient à genoux dans de la vaisselle de terre. Ils navaient pouraliments que des légumes cuits à leau avec du pain de son dorge, sansjamais faire usage de vin, de poisson, d'œufs, de beurre, dhuile etmême de sel. Les animaux mêmes étaient dégoûtés de ce dont les moinesfaisaient leur nourriture.

Du reste, ils travaillaient tous à différents métiers pour vivre, lesrevenus du monastère ny suffisant pas.

Il va sans dire que les moines de Cîleaux ne manquèrent pas de serécrier contre un genre de vie si dur, et quils firent tous leurs effortspour sopposer aux succès de celle réforme, qui les condamnait eux-mêmes.

1). Jean de la Barrière sadressa au pape Sixte V, qui approuva soninstitut par une bulle de lan 1580, et défendit aux moines de Liteauxdinquiéter ceux de Feuillans, qui étaient au nombre de cent quarantereligieux, à qui il permit de former de nouveaux établissements, tantpour hommes que pour femmes. Il demanda même au fondateur dessujets pour en établir une maison à Rome.

Henri III, roi de France, voulut aussi avoir, à Paris, un monastère decelte nouvelle congrégation. Jean de la Barrière lui envoya soixante reli-gieux, qui vinrent de Feuillans à Paris, à pieds nus, tout en chantant despsaumes le long de la route, et escortés par cinquante cuirassiers. Le roialla lui-même à leur rencontre jusquà Charenlon, et, à la vue du mo-narque, ils se prosternèrent à terre pour recevoir la bénédiction du car-dinal de Bourbon qui laccompagnait. Ils restèrent en ce lieu jusquà ceque le couvent que le roi leur faisait bâtir, à Paris, dans la rue Saint-Honoré, fût prêt à les recevoir; ce qui eut lieu le 8 septembre 1588.

Le couvent dès feuillants, comme celui des jacobins, eut dans la révo-lution française une triste célébrité. Les paisibles demeures quavaienthabitées les enfants de saint Dominique et du respectable abbé de la Bar-rière se trouvèrent métamorphosées en clubs, lun des jacobins, lautre desfeuillants. Le premier était lantre rugissaient les bêtes féroces qui